APAI une association à l'écoute des actionnaires
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Hervé Chefdeville président de l'APAI nous parle de son association
APAI une association à l'écoute des actionnaires
Hervé CHEFDEVILLE président de l'APAI
Entré en bourse avec les privatisations de 1986, j’ai commencé à m’impliquer dans la défense des actionnaires il y a une quinzaine d’années, et je suis Président de l’APAI depuis 2016.
Je représente les investisseurs individuels au Comité scientifique des Grands Prix de la Transparence, au Conseil Scientifique de Votaccess, et depuis le début de l'année à la Commission Consultative Epargnants de l'AMF.

 

Vous présidez l'APAI, l'Association pour le Patrimoine et l'Actionnariat Individuel, pouvez-vous nous préciser le rôle et les missions de cette association ?

Fondée en 1987 en Lorraine, l'Association pour le Patrimoine et l'Actionnariat Individuel a pour objectif d'améliorer la culture économique et financière des épargnants, et de les défendre.

Notre conviction : l'investissement d'une partie de l'épargne des français dans les entreprises est utile à l'économie, mais aussi nécessaire notamment pour maintenir les centres de décision et de recherche en France.

Dans ce cadre, les responsables bénévoles de l'APAI se battent pour :

  • réhabiliter les investisseurs individuels, et les représenter
  • un cadre réglementaire et fiscal favorisant les investissements dans la durée, et plus particulièrement les investissements directs en actions.

 

Dans une contribution faite, lors des consultations sur le projet de Loi Pacte, avec 2 autres associations d'actionnaires (Anaf, regroupementPPlocal), nous avions souligné que les actionnaires individuels :

  • accompagnent généralement les entreprises dans la durée avec un certain attachement et sont un gage de stabilité du capital face à la montée en puissance de la gestion passive (ETF), gestion de type indicielle qui ne s'intéresse absolument pas aux entreprises,
  • ne soutiennent pas les inégalités sociales (opposés aux rémunérations excessives, ou insuffisamment liée à la performance), se préoccupent de plus en plus des ratios de rémunération (ratio d'équité entre la rémunération du dirigeant et le salaire médian dans l'entreprise, et souhaitent que la rémunération soit guidée par la création de valeur à long terme et aligne les intérêts des mandataires sociaux et des actionnaires,
  • sont pour une plus grande transparence dans la taxation des sociétés, contre l'opacité fiscale qui peu obérer une partie des bénéfices cachés dans des paradis fiscaux, et favorables au principe d'imposition des profits dans les pays où ils sont réalisés,
  • sont demandeurs d'intégrité et de loyauté de la part des dirigeants, afin d'établir la confiance dans la communication financière, et des administrateurs,
  • se félicitent de la place accordée aux administrateurs salariés dans les conseils d'administration qui doit amener à réfléchir sur un recrutement plus large dans la composition des CA, et la présence (au-delà d'un certain seuil de détention) de représentant(s) d'actionnaires individuels, en prise eux aussi avec le mode réel,
  • considèrent que l'entreprise est là pour créer de la prospérité pour tous et dans la durée, doit placer l'éthique et la responsabilité sociale au centre de ses préoccupations, et qu'il faut trouver la meilleure articulation entre les différentes parties prenantes (actionnaires, salariés, clients, entreprise) pour à la fois favoriser dans la durée le développement de l'activité et l'emploi, et valoriser le capital investi.
Pensez-vous qu'il y ait un déficit d'éducation financière dans notre pays et comment le résoudre ?

Il y a effectivement en France un important déficit d'éducation et d'information sur les sujets touchant à l'économie, et à la finance, qui se retrouve au niveau des prises de position de nombreux responsables politiques, et dans les médias. On constate ainsi que les actionnaires individuels sont très souvent critiqués, assimilés à des fonds spéculatifs par certains leaders d'opinion.

 

L'APAI, et d'autres associations et organismes, essayent d'y remédier à leur niveau, et pourraient en faire plus si elles étaient aidées, mais il apparait indispensable que l'éducation financière soit intégrée dans les programmes de l'Education Nationale.

 

Actuellement, les professionnels déclarent vouloir absolument réorienter l'épargne des français vers la Bourse, pensez-vous que tous les citoyens aient une âme d'actionnaire et que ce type de placement est destiné au très grand public ?

Le placement en actions présente des risques qui ne doivent pas être occultés de perte en capital, mais il est un des placements les plus profitables sur longue durée.

Une grande majorité des français ont été incités dans le passé à placer leur épargne dans des livrets ou produits leur assurant une rémunération (parfois non fiscalisée, comme le Livret A), sans aucun risque. Ils évitent donc les produits d'épargne présentant un risque. Mais dans le contexte actuel de taux d'intérêts faibles (voire négatifs), la plupart des produits d'épargne ne garantissent plus une rémunération nette supérieure à l'inflation.

 

Le placement en actions pourrait donc voir son public s'élargir, sous réserve de remédier au déficit d'éducation financière.  

 

En particulier, si l'Education Nationale assurait aux français une bonne éducation économique et financière, on pourrait parfaitement concevoir que les parents ou grands-parents offrent des actions dès le premier âge (plutôt de l'argent versé sur un livret Jeune) afin de sensibiliser les plus jeunes aux placements en actions, et de leur permettre de se constituer progressivement une épargne. Une partie importante de ces jeunes pourraient ensuite avoir une âme d'actionnaire et placer une partie de leur épargne en actions.


Quels sont les conseils que vous donneriez aux 150 000 nouveaux actionnaires néophytes qui ont découvert la Bourse depuis le confinement ?

Je rappellerais tout d'abord que tout placement en action présente des risques (jusqu'au risque de perte totale pour une action donnée) et mon premier conseil est de diversifier ses placements et les actions détenues. La récente crise sanitaire a d'ailleurs montré que certains secteurs ou sociétés dont on présentait l'avenir en rose (comme le secteur aérien) pouvaient rapidement être mis en difficultés.

 

Mon second conseil est de prendre le temps de s'informer sur la bourse, ses mécanismes et les différents produits financiers (en évitant notamment les produits trop complexes ou à effet de levier), et de s'intéresser aux sociétés en cherchant des informations non seulement auprès de la société, mais aussi à partir d'autres sources : médias spécialisés, ou échanges avec d'autres actionnaires via des clubs d'investissement ou des associations comme l'APAI.


Vous organisez des événements sur Nancy, le berceau de l'APAI, pouvez-vous nous en dire plus sur ces rencontres ?

L'APAI organise tous les mois, dans une salle municipale de Saint MAX, une réunion d'information sur les placements ou la gestion de patrimoine, avec généralement un intervenant extérieur. Ces réunions sont ouvertes au public, avec contribution demandée aux non-adhérents pour la participation au pot qui suit la réunion.

 

La réunion de fin juin ou début juillet est habituellement consacré à un compte rendu des AG auxquelles des représentants de l'APAI ont participé.

 

L'APAI a également constitué un club d'investissement fictif, avec des réunions régulières, et organise chaque année un « jeu boursier » en proposant à ses membres un placement fictif sur environ 6 mois sur des actions à choisir parmi une liste de valeurs sélectionnées.


Etre actionnaire s'est aussi participer aux Assemblées Générales des sociétés cotées et l'APAI est particulièrement active lors des Assemblées Générales. Peut-on se faire représenter aux AG et si oui quel est la procédure ? Comment l'APAI représente les actionnaires individuels lors des AG ?

La représentation des actionnaires individuels aux AG des sociétés cotées est au cœur de l'activité de l'APAI.

L'APAI a acquis une soixantaine de valeurs (SBF 120 et sociétés régionales), ce qui permet à des représentants de l'association de représenter les actionnaires individuels en participant aux AG de ces sociétés. Lors de ces AG, le représentant de l'APAI s'efforce de poser des questions (lors de la séance de débat avec la salle) et vote sur les résolutions au titre des actions détenues par l'APAI et des pouvoirs reçus d'actionnaires individuels.

Un actionnaire qui ne peut participer physiquement à une AG, et qui a des difficultés pour comprendre ou se prononcer sur des résolutions soumises au vote, a la possibilité de donner pouvoir à l'APAI : soit en complétant le formulaire de vote par correspondance qu'il a éventuellement reçu, soit s'il dispose d'un accès en ligne à son compte titres ou PEA, et que la société propose le vote électronique, de le faire par internet.

 

Cette année la majorité des AG s'est déroulée à huit clos sans la présence des actionnaires individuels, pensez-vous que cela a nui au déroulement des AG et à la richesse des débats ?

L'APAI regrette que la plupart des sociétés aient décidé d'utiliser la possibilité de tenir à huis clos leur AG (autorisée par une ordonnance) plutôt que d'essayer de la reporter afin de pouvoir la tenir physiquement.

 

Rappelons que l'assemblée générale est l'unique rendez-vous annuel, organisé et public, au cours duquel tout actionnaire peut rencontrer les dirigeants des sociétés dont il est co-propriétaire. L'AG doit aussi être un lieu de délibération démocratique, permettant un vote éclairé sur les décisions sur la vie de la société (résolution), ce qui suppose l'organisation d'un débat public avant les votes.

 

L'organisation des AG à huis clos s'est faite au dépens des droits des actionnaires, avec notamment :

  • Un résultat du vote des résolutions connu avant le début de l'assemblée, et donc en absence de tout débat public,
  • Même si certaines sociétés ont offert la possibilité de poser des questions pendant la retransmission de l'AG, il n'y a eu aucune transparence sur les questions qui ont été posées par les actionnaires, les entreprises ayant eu la possibilité de ne sélectionner que certaines questions,
  • De grandes difficultés pour les actionnaires de donner une procuration de vote (certaines sociétés ayant même mentionné que ce n'était pas possible pour les AG à huis clos), et pour les mandataires d'exercer les pouvoirs reçus.
  • L'absence de tout contrôle possible sur le déroulement de l'AG (bureau tenu par les seuls dirigeants de la société) et le vote des résolutions (pas d'huissier). 

Pensez-vous que les AG par vidéo conférence vont se développer dans l'avenir et remplacer les AG physiques ?

L'APAI est favorable à la retransmission en vidéo en direct des assemblées générales, permettant au plus grand nombre des actionnaires de les suivre à distance, tout en maintenant la possibilité d'une participation physique à l'AG des actionnaires qui peuvent se déplacer.

 

La retransmission vidéo doit venir compléter et non remplacer les AG physiques, et des développements devraient être engagés pour permettre aux actionnaires, après identification sur une plateforme internet, de pouvoir poser des questions et de voter en direct.

 

Que pensez-vous du vote par internet ?

L'APAI est favorable à tous les moyens facilitant la participation des actionnaires aux AG, et à ce titre nous soutenons le développement du vote électronique. Je suis membre depuis plusieurs années du Comité scientifique de Votaccess, et dans ce cadre j'ai contribué à ce que cette solution soit adoptée par le plus grand nombre de teneurs de titres afin d'être utilisable par tous les actionnaires individuels français.

 

On peut rappeler que la plupart des sociétés ne convoquent à leur AG que les actionnaires au nominatif, et qu'il était très difficile pour les actionnaires de participer aux AG.

 

Avec le vote par internet, certaines banques informent leurs clients dès l'ouverture de la plateforme de vote pour l'AG de la société dont ils sont actionnaires, leur permettant ainsi depuis leur compte en ligne de pouvoir soit demander une carte d'admission à l'AG, soit de voter sur les résolutions, ou de donner une procuration.

 

Comment se finance votre association et comment devient-on membre ?

L'APAI est financée presque exclusivement par les cotisations de ses membres. Nous recevons parfois de modestes contributions de partenaires. Enfin l'APAI perçoit de modestes dividendes sur les actions qu'elle possède, mais nous sommes imposés à ce titre.

 

Un bulletin d'adhésion est disponible sur le site internet de l'association ou en cliquant ici.

 

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