La Chronique de Jérôme Boumengel juin 2020
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Le marché a toujours raison
La Chronique de Jérôme Boumengel juin 2020
Si l’on regarde les données économiques, les marchés boursiers semblent avoir pris beaucoup d’avance sur le cycle économique. Alors que ce dernier semble à peine avoir touché un point bas, le rebond des Bourses est déjà conséquent : 70% de retracement pour l’EuroStoxx50, 85% pour le SP500, 90% pour le Nikkei et 100% pour le Nasdaq100.

Dans la mesure où les investisseurs sont allés trop vite dans la besogne, la situation se caractérise à nouveau par des valorisations boursières souvent excessives. Le cas le plus flagrant concerne les actions du Nasdaq qui s'échangent en moyenne à près de 28x les prévisions de bénéfices à 12 mois. C'est un niveau supérieur à celui qui prévalait avant la crise et bien loin des 17,7x que les investisseurs acceptaient de payer au plus fort de la crise (Cf. chart ci-après).

 

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Les actions françaises ne sont pas en reste puisque celles du CAC40 se payent en moyenne 18,6x les bénéfices futurs, un chiffre à comparer avec la médiane de notre échantillon qui se situe à 17,7x (Cf. chart ci-après). Si les actions américaines sont les plus chères, avec des P/E supérieurs à 20x, les actions chinoises et espagnoles apparaissent comme faiblement valorisées.

 

 

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Les données économiques et les valorisations élevées devraient en théorie tempérer l'appétit des investisseurs. Mais il semble encore une fois que les investisseurs aient des raisons d'acheter que les économistes ignorent…

 

Rappelons-nous que le marché dispose de la raison du plus fort. Et ce, même s'il a tort face à la théorie et à la raison, et même s'il se comporte de manière excessive et déraisonnable, c'est quand même lui qui, in fine, à raison puisque seul le marché existe.

 

Bref, le rebond des marchés a trouvé des relais de croissance dans les flux et les titres décotés.

 

Si l'on analyse l'évolution du CAC40 et des volumes d'échange, on constate que la puissante vague de baisse causée par la crise sanitaire a été accompagnée d'une forte augmentation des volumes (Cf. chart ci-après). Puis l'indice s'est redressé à partir de fin mars, mais avec des volumes beaucoup plus faibles. Il s'agit d'une configuration typique après une phase de panique boursière : les investisseurs, encore échaudés par la crise, ne se pressent pas pour revenir sur le marché. Un mouvement de consolidation s'est ensuite dessiné puis le marché est reparti à la hausse dans des volumes de transactions en progression sensible, dessinant ainsi une seconde vague haussière.

 

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L'augmentation des volumes montre un retour des investisseurs, notamment ceux qui n'avaient pas pris part au premier rebond. Il provient également d'arbitrages en faveur de l'Europe. Les investisseurs, conscients de la valorisation excessive des actions américaines, se sont tournés vers les marchés européens dont les valorisations étaient plus attractives.

 

Preuve par neuf de ce retour des investisseurs, la hausse de l'euro qui s'est appréciée de près de 5% par rapport au dollar depuis le mois de mai.

 

La valorisation plus attractive des actions américaines n'est toutefois pas la seule raison de ces mouvements d'arbitrage. On a pu également constater une rotation sectorielle au sein de Wall Street où des secteurs pénalisées par la crise sanitaire tels que l'industrie, l'immobilier, les financières ou les valeurs liées au tourisme ont pris le pas sur les valeurs de l'internet.

 

L'incertitude liée à l'élection présidentielle est l'autre raison qui a poussé les investisseurs à traverser l'atlantique. Dans cinq mois, l'élection présidentielle américaine va avoir lieu et l'issue est incertaine. Donald Trump est en perte de vitesse et l'on sait que les marchés financiers ne sont guère favorables aux démocrates.

 

Concernant le CAC40, nous pensons qu'une fois la consolidation terminée, l'indice devrait réaliser une nouvelle (et dernière ?) vague de hausse dont nous situons l'objectif à 5500 points.

 

 

Achevé de rédiger le 17/06/2020

 

Jérôme Boumengel

Directeur de la prévision chez TrendFi

www.trendfi.fr

 

 

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