La chronique cinéma de Valérie BOAS mai 2020
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Confinement: comment j’ai déjoué l’algorithme de Netflix
La chronique cinéma de Valérie BOAS mai 2020
C’est fou ce que la nature humaine a horreur du vide. Privée de cinéma depuis deux mois, comme toute bonne confinée, j’ai fait le plein de films et de séries de toutes sortes en slalomant entre Canal Plus, qui a eu l’élégance de mettre son offre à disposition du public gratuitement pendant le confinement, Arte et bien sûr Netflix, pour lequel j’ai profité de l’abonnement de mon fils aîné.
Avant le confinement, je n'étais pas fan de Netflix ou plutôt je m'étais résignée: je pensais que Netflix n'était juste pas fait pour moi. Et pour cause ! Comme j'utilise le même compte qu'un jeune homme de 25 ans, je me voyais systématiquement proposer des choix correspondant à son goût mais totalement insipides à mes yeux, allant de « How I met your mother » à d'obscurs films d'arts martiaux (il est fan).
 
Le confinement aidant, j'ai fouillé dans les moindres recoins de Netflix jusqu'à tomber sur l'excellent « Unorthodox », une mini-série en quatre épisodes décrivant la marche vers la liberté d'une jeune femme issue d'une communauté juive orthodoxe de Williamsburg qui fuit construire une vie qui lui ressemble à Berlin. Menée comme un thriller - suspense, rythme effréné, leurres et rebondissements, magnifiquement interprété par la jeune actrice israélienne Shira Haas, porté par la musique particulière de la langue yiddish, cette plongée fascinante dans un monde mystérieux et oppressant m'a sidérée et ravie, j'ai englouti les quatre épisodes en quelques jours.
 
Suite à ce visionnage express, Netflix n'a eu de cesse de me bombarder de suggestions à la limite du communautarismes: le making-of d'Unorthodox d'abord, puis toutes sortes de films sur la religion juive, l'histoire de l'Etat d'Israel et le conflit au Moyen-Orient.
 
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J'ai résisté vaillamment et toujours en farfouillant sans demander son avis à l'algorithme, j'ai découvert la série suédoise « Kalifat ». Changement de décor total mais choc tout aussi fort que le précédent. Kalifat, c'est Daesh à hauteur d'homme, ou plutôt de femme, et c'est vraiment, vraiment fort. Trois destins de femmes suédoises musulmanes qui s'entrecroisent, une policière effrontée, une mère de famille désenchantée et une adolescente idéaliste. L'une vit à Raqqah, les deux autres à Stockholm et la lente désintégration du lien social dans une société occidentale va bizarrement les pousser les unes vers les autres. Elles et leurs sœurs, copines, mari, famille, collègues et toute une ribambelle de personnages qui rendent ce portrait choral plus juste et plus émouvant encore, tandis que l'écriture incisive et les péripéties à gogo finiront de vous rendre, comme moi, totalement accro.
 
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Huit épisodes plus tard, j'ai dû à nouveau refuser les multiples sollicitations de l'algorithme pour toutes sortes de films arabes. C'est à ce moment là que Netflix a eu la bonne et généreuse idée de mettreles films de François Truffaut en ligne. N'en jetez plus. Je me suis repue de « La Femme d'à côté », des « 400 coups » et du « Dernier Métro ». Si j'avais écouté mon meilleur ennemi l'algorithme, j'aurais enchaîné sur Alain Resnais et Arnaud Desplechin. Seulement voilà, la encore j'ai fait la sourde oreille.
 
 
 
Au cinéma d'auteur français post-nouvelle vague j'ai préféré un documentaire. Sportif de surcroît. La vie du célèbre pilote brésilien Ayrton Senna, existence intense et stellaire brillamment présentée par Asif Kapadia. Sa technique très particulière, qui mêle entretiens en audio seulement et images d'archives, fait merveille pour ressusciter l'archange du sport automobile, élevé au rang de héros national au Brésil. De sa lutte fratricide avec Alain Prost à sa quête insatiable de spiritualité, le film émeut, surprend et fait revivre une toute une époque.
 
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À ce sujet j'ai une suggestion pour Netflix: acquérir les droits des autres films de ce réalisateur britannique surdoué, « Amy » (sur Amy Winehouse) et « Maradona ». Malheureusement ces pépites ne sont pas en ligne sur la plateforme, ou du moins pas encore et pas en France. Mais jamais un jour l'algorithme les pousse vers moi, je promets alors de succomber -peut-être- à ses sollicitations. Confinement ou pas.
 
 
Achevé de rédiger le 14/05/2020
 
 
 
Valerie Boas est une professionnelle de la finance et une blogueuse cinéma.
 
Retrouvez ses chroniques d'actualité sur son blog : http://theboboblog.wordpress.com

 

 
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