La chronique cinéma de Valérie BOAS mars 2020
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Berlin, son festival de cinéma et les femmes
La chronique cinéma de Valérie BOAS mars 2020
Alors que les rumeurs d’annulation du Festival de Cannes vont bon train, la Berlinale, le festival international du film de Berlin, s’est tenu sans encombre. Alors on revient dessus avec un brin de nostalgie. Et aussi parce que cette édition, la 70ème, résolument féministe, devrait marquer les esprits.
Hasard ou coïncidence? On dit « le » festival de Cannes mais on dit « la » Berlinale. Je sais c'est un peu facile, mais quand même: engagé de longue date en faveur de la parité, le prestigieux festival international du film de Berlin, dont la 70ème édition vient de s'achever n'y va pas de main morte dans ce domaine. Non seulement il affiche un nombre élevé de réalisatrices dans sa compétition officielle (33% en 2020, loin devant Cannes et Venise) mais surtout il met à l'honneur de vraies personnalités féminines. Et coup de bol, j'y était. Alors je vous raconte tout.
 
Kelly Reichardt et « First Cow »
first cow
La cinéaste américaine très reconnue dans le cinéma indépendant aime les lumières et les décors naturels, les histoires fortes et les westerns. Elle en signe un très fort, First Cow, sur l'improbable amitié entre deux migrants venus chercher fortune en Californie au moment de la ruée vers l'or. Ça râpe, c'est touchant et ça envoie du bois.
 
Sidney Flanigan et Talya Ryder dans « Never, rarely, sometimes, always »
never
Autre pépite du cinéma indé US, « Never, rarely, sometimes, always » d'Eliza Hittman, suit une adolescente de 17 ans contrainte de quitter brièvement sa Pennsylvanie natale pour New York, en bus, pour y subir un avortement. Flanquée de sa cousine, Autumn emprunte le même chemin que de plus en plus d'américaines, entre le mouvement « prolife » et la fermeture des hôpitaux en zone rurale. Les deux jeunes filles s'estiment chanceuses de vivre à une époque où les femmes peuvent s'exprimer. Mais elles restent vigilantes. Elles ont raison.

« The woman who ran » de Hong Sang-son
the woman
À travers un délicat enchaînement de dialogues entre amies, entrecoupé de situations cocasses, le cinéaste coréen filme rien moins que l'émancipation possible d'une femme qui, à l'occasion d'un voyage d'affaire de son mari, s'autorise enfin la liberté de vivre sa vie. Le film est porté par (et doit son charme à) l'actrice fétiche du cinéaste la fragile et insondable Kim Min-hee.

Baran Rasoulof, fille de mais pas que
no evil
La recompense suprême accordée au meilleur film du festival. Il est revenu à un très grand film « There is no evil », de l'iranien Mohammad Rasoulof. Le malheureux étant assigné à résidence à Téhéran, c'est sa fille Baran qui est venue récupérer la statuette sur scène. Elle joue aussi dans le film, campant une iranienne de la diaspora libérée et insolente. Vivant de longue date en Allemagne, aussi à l'aise en farsi qu'en allemand, la jeune femme étonne par son assurance, son aplomb et son charisme

Hillary et Helen
Dame Helen
the queen
Un festival de cinéma, ce sont aussi des stars et, chaque année, elles sont nombreuses à rallier la capitale allemande. Cette année, l'impériale et très rock and roll Helen Mirren est venue collecter un Ours d'or pour l'ensemble de sa carrière - l'occasion pour les festivaliers de revoir certains de ses morceaux de bravoure dont, of course, « the Queen ».
 
Hillary
hillary
Un peu avant, c'est une autre immense star, moins habituée aux plateaux de cinéma qui a fait le show: Hillary Clinton est venue présenter un documentaire qui porte sobrement son prénom. Réalisé par l'Américaine Nanette Burstein, « Hillary » entremêle savamment des images inédites de la campagne présidentielle de la candidate démocrate en 2016, des archives issues de ses quarante ans de vue publique et des interviews de l'impétrante mais aussi de son mari, de sa famille, de ses amis, de ses rivaux et de ses ennemis -lesquels ne manquent pas. Car Hillary agace beaucoup de monde, ce qu'elle explique elle-même par un phénomène de « dissonance cognitive ». En gros, elle ne correspond aux attentes ni des hommes, ni des femmes: trop forte, pas assez souriante, trop stratège, pas assez émotionnelle. Le portrait lucide et brillant de ce personnage hors du commun revient avec une grande justesse sur le premier combat d'Hillary, dont on oublie souvent qu'avant d'être Première Dame et Secrétaire d'Etat, elle fut une activiste féministe de la première heure, se battant sans relâche pour l'égalité des droits dès ses premiers jours sur le campus de la conservatrice université de Yale dont elle fut l'une des toutes premières femmes diplômées en droit.
 
Blanche et Corinne
EFFACER
Mais n'allez pas croire que les Françaises, avaient boudé la Berlinale année. Deux actrices ont eu leur quart d'heure de gloire méritée: Blanche Gardin et Corinne Masiero. Héroïnes, aux côtés de Denis Podalydès d'une comédie déjantée et foutraque, « Effacer l'historique », les deux comparses campent respectivement une mère de famille victime d'un amant d'un soir qui la menace de diffuser une vidéo de leurs ébats (ébats dont elle ne garde d'ailleurs aucun souvenir) et une conductrice de VTC mal notée par ses clients. Seulement voilà, au lieu de se lamenter et de courber l'échine, ce à quoi la dure loi de l'ère digitale les invite, les deux copines ne vont pas se laisser faire. Le poing levé, le gilet jaune dans la boîte à gants, gouailleuses en diable, elles signalent aux grandes entreprises technologiques qu'elles ne sont pas dupes de la manip. Dirigées - si on peut dire- par le duo de réalisateurs Delepine-Kervern, les deux actrices ne lâchent rien et le public en redemande, oubliant pêle-mêle la barrière de la langue et les a priori.
 
Le film devait sortir en salles en France le 22 avril. Maintenant qui sait ? Mais Hillary devrait être diffusé sur Canal Plus avant la fin mars. Espérons que les autres découvertes berlinoises suivront. Ce serait bien que, envers et contre tout, 2020 tienne ses promesses de parité. Et ce serait bien tout court pour le cinéma.
 
 
Achevé de rédiger le 17/03/2020
 
 
 
Valerie Boas est une professionnelle de la finance et une blogueuse cinéma.
 
Retrouvez ses chroniques d'actualité sur son blog : http://theboboblog.wordpress.com

 

 
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