A la découverte de la Bourse pour démarrez en Bourse
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Une interview de Héloïse Bolle et Marc Michaux, auteurs de l'ouvrage "Démarrez en Bourse".
A la découverte de la Bourse pour démarrer en Bourse.
Héloïse Bolle co-auteur de l'ouvrage "Démarrez en Bourse"
Héloïse Bolle co-auteur de l'ouvrage "Démarrez en Bourse" et fondatrice Oseille et compagnie nous livre sa vision de l'éducation budgétaire et financière de nos concitoyens et des freins à l'investissement en Bourse.
Vous avez longtemps été journaliste de presse économique et financière et vous venez de publier avec Marc Michaux votre deuxième ouvrage « Démarrez en Bourse ». Depuis quand vous intéressez-vous à la Bourse et pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?
J'ai commencé à m'intéresser à la Bourse à mon arrivée dans une agence d'information économique, en 2000. J'avais fait des études littéraires, je ne connaissais rien à la finance et dans mon esprit, il s'agissait d'une science destinée aux initiés ! Plus tard, je suis allée travailler dans des magazines économiques et j'ai beaucoup appris aux côtés de mes collègues journalistes qui connaissaient mieux les marchés. Ce qui ne les a pas empêchés de faire de mauvais investissements qui leur ont coûté cher... Nous étions en 2000 et le dégonflement de la bulle internet a causé des dégâts. Ma grande chance, à l'époque, a été de ne pas avoir d'argent sur mon compte en banque : si j'en avais eu, j'aurais probablement fait n'importe quoi ! Plus tard j'ai complété mon parcours avec un Master en gestion de patrimoine (à l'université de Paris Dauphine), et j'ai créé Oseille et compagnie pour conseiller les particuliers sur leurs investissements. Marc Michaux, mon co-auteur, a une solide formation en économie et en finance, il est  titulaire d'un DEA en analyse économique, et il a été journaliste spécialiste des marchés pendant vingt ans. Aujourd'hui, il travaille dans une société d'analyse financière.

Dans vos ouvrages vous sensibilisez les épargnants à l'argent et dans le dernier plus particulièrement à la Bourse, pourquoi ?
Si vous écoutez les gens autour de vous, souvent, l'argent, ce n'est pas un sujet. Je formule trois hypothèses : soit ils en ont suffisamment pour ne se poser aucune question (et tant mieux pour eux), soit ils sont totalement inconscients, soit, et c'est souvent la véritable réponse, ils ont peur d'en parler. Avec des situations catastrophiques à la clé : des personnes mariées qui sont incapables de dire ce qui leur appartient en propre, ou ce qui relève de leurs biens communs. Des salariés qui tombent de l'armoire quand on leur annonce le montant de leur future retraite. Ou, plus grave, des épargnants qui se précipitent sur la première aubaine fiscale venue, sans penser à la valeur du produit dans lequel ils investissent. Parfois, on se dit que certains croient encore au père Noël.

Pensez-vous qu'il y a un manque d'éducation financière général dans notre pays ?

Il est criant, et à plusieurs niveaux. Il y a d'abord un manque d'éducation budgétaire, qui touche toutes les catégories socio-professionnelles. De gros efforts sont pourtant faits par les pouvoirs publics, les associations et la banque de France mais les actions sont encore très dispersées et n'ont aucun caractère obligatoire. Quant à la culture sur l'épargne, les investissements en capital, elle est quasiment inexistante  et se nourrit de fantasmes : la Bourse, dans l'imaginaire collectif, c'est réservé à une poignée de privilégiés qui ont accès « aux bons coups », ou à quelques spécialistes un peu sorciers. Du coup, peu de gens cherchent à comprendre comment cela fonctionne réellement, alors que c'est précisément tout sauf mystérieux ! La plupart des Français qui ont des contrats d'assurance vie n'ont d'ailleurs pas conscience de financer des dettes d'Etat, ni des dettes d'entreprises, et ignorent totalement que leur épargne est investie sur les marchés.
 
L'épargne des Français est peu orientée vers les produits actions, pourquoi ? Pensez-vous qu'il y ait des freins à l'investissement boursiers de nature culturels ou éducatifs ?
Pour certains, le frein est philosophique. Pour eux, être actionnaire, c'est forcément se placer du côté de celui qui exploite. Je leur dis : quitte à être l'une des parties prenantes (salariés, fournisseurs, consommateurs) de ces grosses sociétés, autant être aussi du côté de ceux qui les financent et profiter aussi de leurs bénéfices ! Ce d'autant que les actionnaires, même minoritaires, ont un droit de vote et peuvent donc exercer une certaine pression sur les pratiques des entreprises. La finance responsable, à cet égard, va sûrement encourager une bonne partie des épargnants à sauter le pas. Aujourd'hui, on peut être investisseur en capital tout en restant fréquentable !

Mais le principal frein, à mon avis, est tout simplement lié à l'expérience. La Bourse a connu trois crises majeures en vingt ans. Entre 2000 et aujourd'hui, les frileux qui ont investi dans l'immobilier ont été nettement mieux servis… Il y a vingt ans, le Cac 40 était à 6207 points, il est à 6038 aujourd'hui. Sur la même période, la valeur d'un mètre carré à Paris a été multipliée par 4. A première vue, la prise de  risque n'a pas été récompensée. Pourtant il ne faut pas oublier les dividendes, et les plus-values régulières, car si le prix d'achat d'un appartement est figé, le prix d'achat des actions évolue à chaque nouvelle ligne achetée. Dans les faits, beaucoup d'actionnaires sont largement gagnants.

Enfin, le dernier frein est purement budgétaire. Pour investir en Bourse, il faut pouvoir immobiliser de l'argent, et beaucoup de Français n'en ont tout simplement pas les moyens.

La communauté d'actionnaires individuels français n'augmente pas, elle est même passée de 7 millions en 2007 à 3 millions en 2019, que manque-t-il aux Français pour devenir actionnaires ?
La baisse des taux des placements sans risque les pousse un peu vers les marchés. Mais soyons lucides : ceux-là ne viennent pas à la Bourse par intérêt pour le marché des actions, mais faute de mieux. Ils l'acceptent aussi parce que les marchés ont beaucoup progressé ces dernières années. Mais si les placements sans risque se mettent à couvrir de nouveau l'inflation et un peu plus, ils vendront leurs actions aussi sec pour revenir à leur assurance vie en euros ! Admettons-le, il est très plaisant de voir son épargne monter très haut, mais il faut rester très philosophe (ou très fortuné par ailleurs) pour voir son épargne fondre en quelques semaines de 25% et pour l'accepter sans ciller ! Pourtant, l'un ne va pas sans l'autre.

Comment former les jeunes générations à la Bourse pour contribuer au renouvellement de l'actionnariat individuel en France ?
J'ai la faiblesse de croire que si on peut diffuser une fake news à très grande échelle, on peut aussi faire passer un grand nombre de tutos et de mooks sur le sujet… C'est plutôt une bonne nouvelle, car cela permet à tous les publics d'accéder à ces formations, et pas seulement aux étudiants en finance, qui par ailleurs, n'en ont pas besoin !

Pensez-vous que la problématique des retraites peut pousser les jeunes à s'intéresser à l'investissement en Bourse ?
Je suis un peu sceptique là aussi. Les jeunes salariés, même issus de bonnes écoles, ont souvent des problèmes de fins de mois, qui les préoccupent, à mon sens, bien plus que leur retraite. Les seuls qui accèdent facilement et rapidement à la Bourse sont ceux qui travaillent dans les sociétés cotées, où un plan d'épargne entreprise et des dispositifs d'épargne retraite leur sont proposés. Mais cela n'est pas forcément une démarche très active de leur part, et par ailleurs n'investir que dans une société, même si cela est fait dans des conditions préférentielles, c'est un peu dangereux !

Pensez-vous que les privatisations soient un bon moyen d'attirer les épargnants vers la Bourse ?

C'est en tout cas une façon de parler des marchés, et souvent au travers d'entreprises bien connues du grand public. Les primes offertes aux investisseurs individuels, sous forme d'actions gratuites ou de réduction du prix d'achat, les encouragent aussi. Pourtant il y a eu quelques déconvenues… Il faut garder en tête que même si l'Etat est actionnaire, cela ne met pas les sociétés à l'abri d'erreurs de gestion et d'accidents industriels.

Que conseilleriez-vos à un épargnant qui veut commencer à investir ?
D'abord, il faut y aller à doses homéopatiques, même, et surtout, quand on a une somme importante à investir : il faut lisser son prix d'achat. Il faut donc y aller par petites doses régulières, jamais en une seule fois ! Tout cela coûte évidemment plus cher en frais de courtage, mais aujourd'hui cet argument ne me semble plus recevable : chez certains courtiers, l'achat d'une ligne de 300 euros, taxe sur les transactions financières comprise, coûte moins de 3 euros. On peut se dire que multipliés par le nombre de transactions, ces frais pèsent sur la performance. Je préfère les oublier et penser qu'ils ne m'ont pas coûté plus cher qu'un café, tout en me permettant de diluer mon risque dans le temps en n'achetant pas tous mes titres au même prix. Et puis, bien sûr, il y a cette nécessité absolue de diversification. C'est valable quel que soit le montant mensuel que peut y consacrer l'épargnant : s'il n'a que 100 euros par mois, il achète une valeur A le premier mois, une valeur B le second, une valeur C le troisième et une valeur D le quatrième ! ensuite, progressivement, il fait grossir ses lignes.

Quelles sont les bons réflexes à acquérir et les bonnes questions à se poser avant d'investir ?
Je crains d'être terriblement banale : connaître et suivre les indicateurs qui font réagir les marchés, et croire dans l'avenir et dans le modèle économique de l'entreprise. Attention, il ne faut pas être aveuglé par certains discours de dirigeants. Même pour les plus belles pépites, il ne faut jamais miser plus de 15% de son portefeuille dans une valeur.

 
Achevé de rédiger le 07/02/2020
 
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 PHOTO DE MARC MICHAUX
 Marc Michaux co-auteur de l'ouvrage "Démarrez en Bourse"
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