La Chronique de Jérôme Boumengel de juillet 2019
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Wall Street : le début de la fin ?
La Chronique de Jérôme Boumengel de juillet 2019
Depuis le début de l’année, les marchés boursiers se sont nettement redressés et certains d’entre eux ont même réalisé de nouveaux plus hauts historiques, à l’instar du Nasdaq100 et du SP500 qui ont dépassé les sommets de septembre 2018, aidés par 19% des actions du premier et 9% des actions du second. Toutefois, en y regardant de plus près, la participation des actions aux récents records des indices est plutôt faible quand on la compare à celle de janvier 2018. A cette époque, 37% des actions du Nasdaq100 et 34% des actions du SP500 avaient réalisé des plus hauts. N’est-ce pas là un premier signe de faiblesse de la tendance haussière ?

Mais laissons de côté les signaux techniques et penchons-nous sur les fondamentaux. Depuis le début de l'année, les marchés boursiers peuvent remercier le revirement de la Fed, la baisse des taux à long terme qui a suivi et avec elle, les espoirs d'une amélioration de la conjoncture économique. Mais si une amélioration doit survenir, elle tarde à venir, car du côté des fondamentaux tant macro que microéconomiques, la situation continue de se dégrader. 

 

Dans cette dernière chronique avant les vacances d'été, nous faisons le point sur les trois indicateurs clés des marchés boursiers, à savoir les prévisions de bénéfices, les P/E prévisionnels et les primes de risque prospectives.

 

 

Prévisions de bénéfices : la croissance est au plus bas.

 

Après avoir culminé en septembre 2018 à 26% en glissement annuel, la croissance des prévisions de bénéfices du SP500 (next 12 months) n'a pas cessé de chuter pour retomber actuellement à +9,5%. Le ralentissement de l'économie mondiale et le retour du dollar à des plus hauts historiques, face aux devises de ses principaux partenaires commerciaux, ne sont pas étrangers à cette configuration. Alors certes, les prévisions de BPA ne sont pas encore entrées dans une phase de contraction, mais la dégradation de la croissance des bénéfices n'est pas de nature à soutenir la hausse des cours de Bourse.

 

 

 

 graphique 1

 

 

Valorisation : le retour du P/E sur sa moyenne à 5 ans ne doit pas faire illusion.

 

La valorisation des actions américaines s'est nettement redressée au cours du premier semestre, avec un P/E (next 12 months) qui est revenu tutoyer sa moyenne à 5 ans. Malgré les révisions à la baisse des bénéfices, le marché accepte de payer plus cher les actions du SP500 qu'en début d'année, la chute des taux d'intérêt ayant permis au marché de retrouver son optimisme. Mais pour combien de temps encore ? Jusqu'à quel niveau les investisseurs peuvent-ils accepter de payer les actions américaines en continuant d'admirer la bouteille à moitié pleine ?

 

L'orientation baissière de la moyenne à 5 ans du P/E prévisionnel conjuguée avec une augmentation de sa volatilité laisse penser que la valorisation des actions américaines aura de la difficulté à continuer sa progression. Rappelons qu'à très long terme, c'est-à-dire sur les 50 dernières années, le P/E moyen du marché américain se situe à 15x les prévisions de bénéfices. Depuis le premier coup de semonce en février 2018, n'est-on pas en train d'assister lentement à un retour à la moyenne ? Que se passera t'il quand les taux d'intérêt auront cessé de baisser ? La croissance des bénéfices aura eu t'-elle le temps de repartir à la hausse ?  

 

 

 graphique 2

 

 

 

 

Aversion au risque : le grand retour ?

 

Concernant la prime de risque prospective, il est étonnant que celle-ci n'ait absolument pas baissé depuis le début de l'année alors que le SP500 a progressé de plus de 19%. C'est là une configuration qui rappelle étrangement celles de 2007 et 2011 !

En regardant de plus près son graphique, on peut constater que la prime s'est arrêtée de baisser en septembre 2018 alors que l'indice avait réalisé un nouveau sommet et juste avant qu'il amorce sa correction du dernier trimestre 2018.

Or la prime vient de refaire la même configuration, en l'accentuant encore davantage puisqu'elle est nettement remontée au-dessus de ses moyennes.

Quoiqu'il en soit, la hausse de la prime de risque témoigne de l'installation d'un climat d'aversion au risque, ce qui n'est guère de bon augure pour les perspectives des actions américaines à moyen terme.

 

 

 

 graphique 3

 

Dans la variable sentiment de marché, il y a deux composantes que l'on peut mesurer de manière quantitative. L'aversion ou l'appétit pour le risque que l'on vient d'analyser avec la prime de risque prospective et l'optimisme ou le pessimisme que l'on mesure avec des sondages. Il ne faut pas confondre les deux, dans la mesure où les investisseurs peuvent rester optimistes tout en réduisant leur niveau de risque, comme c'est le cas actuellement.

 

 

L'optimisme des investisseurs peut encore soutenir le SP500 à court terme

 

Le « AAII Investor Sentiment Survey » est le sondage le plus connu pour se faire une idée du niveau d'optimisme des investisseurs individuels. Calculé depuis 1987, c'est également un excellent indicateur contrarien. La dernière enquête indique qu'il y a quasiment autant de haussiers que de baissiers et qu'après avoir commis un excès baissier en juin dernier, l'indicateur est revenu à une position beaucoup plus neutre, mais pas surachetée. Le SP500 peut donc encore continuer de progresser à court terme jusqu'à ce qu'un excès d'optimisme apparaisse.

 

 

Conclusion :

 

En début d'année, nous indiquions une cible à 3000 points sur le SP500. Il peut y avoir encore un peu de marge supplémentaire pour une poursuite jusqu'à 3100 voire 3200 points. Mais le risque d'une correction sensible, avec le scénario d'un retour sur les plus bas de 2018, a commencé à apparaître et pourrait s'amplifier si rien ne change sur les fondamentaux.   

 

 graphique 4

 

 

 

 

Achevé de rédiger le 25/07/2019

 

Jérôme Boumengel

Directeur de la prévision chez TrendFi

www.trendfi.fr

 

 

 

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