La Chronique de Jérôme Boumengel de mai 2019
Créer votre espace | Mot de passe oublié ? Se connecter
 
Saisonnalité des marchés : mythe ou réalité ?
La Chronique de Jérôme Boumengel de mai 2019
En début d’année, nous indiquions que le Dow Jones pouvait remonter jusqu’à 27000 points. Alors que l’indice à tutoyé ce seuil technique, il convient de s’interroger sur la continuité du mouvement haussier, d’autant que la performance sur les quatre premiers mois de l’année apparaît anormalement élevée par rapport à la moyenne historique et que le marché des actions entre dans une saisonnalité qui lui est moins bénéfique.

Les anomalies calendaires existent-elles ?

 

Souvent évoquée, la saisonnalité des marchés financiers est un phénomène qui n'est pas sans influer sur les comportements des investisseurs. Car contrairement à la célèbre citation humoristique de Mark Twain, il existe des mois favorables pour investir en Bourse, comme il en existe des plus défavorables. Si septembre est un mois particulièrement dangereux pour spéculer en Bourse, tous les autres mois ne sont pas logés à la même enseigne.

 

C'est ce qu'indique l'analyse historique de la performance mensuelle du Dow Jones que nous avons menée sur cent ans, de 1918 à 2018, et dont nous avons tiré le tableau des espérances de gain pour chacun des 12 mois (Cf. chart ci-après).

 

On y constate que le meilleur mois pour investir en actions américaines  est le mois de novembre. Son espérance de gain de +1,68% est près de deux fois supérieure à la moyenne des douze mois de l'année. A l'opposé, avec une espérance de gain négative de -0,7%, septembre apparaît comme le mois le plus défavorable.

 

On constate également qu'à partir du mois d'avril, l'espérance de gain tend à diminuer pour atteindre un plus bas au mois de septembre, avant de se redresser et de repartir à la hausse. C'est sur cette apparente cyclicité qu'est fondé le célèbre adage boursier « Sell in may and go away ».

 

 graphique esperance de gain

 

  

 

Pourquoi les actions progressent-elles moins au cours de l'été ?

 

Il faut se rappeler que les Bourses sont avant tout des marchés d'anticipations sur les bénéfices futurs. Or les anticipations des investisseurs pour le prochain exercice se forment plutôt entre le dernier trimestre de l'année qui s'achève et le premier trimestre de l'année suivante. Par ailleurs, ces anticipations de bénéfices reposent sur les estimations des analystes financiers, lesquels ont l'habitude d'afficher un biais d'optimisme. Ce biais d'optimisme se traduit sur longue période par une révision en baisse de l'ordre de 8% de la première estimation jusqu'à la publication. Lorsque l'estimation des bénéfices commence à être confrontée à la réalité, à partir d'avril pour les résultats du premier trimestre, jusqu'à juillet pour les résultats du premier semestre, des déceptions peuvent alors survenir et faire baisser les cours.

 

 

« Sell in May and go away » : un mythe ?

 

Depuis 1918, on constate que la période qui couvre juin à septembre est moins propice à l'achat d'actions que celle qui va d'octobre à mai, avec en moyenne, une espérance de gain de cette dernière sensiblement supérieure à celle de la première.

 

C'est en tout cas l'enseignement que l'on peut tirer de la simulation historique que nous avons réalisée. Nous avons comparé l'espérance de gain d'une stratégie qui consisterait à acheter chaque année l'indice Dow Jones fin septembre et le revendre fin mai de l'année suivante, avec une autre stratégie consistant à faire l'inverse, c'est-à-dire acheter fin mai et revendre fin septembre. Cette simulation a été faite sur une période de 1918 à 2018, sans réinvestissement des gains, hors dividende et sans prise en compte des frais de courtage.

 

La différence d'espérance de gain est particulièrement importante puisque pour la stratégie « octobre – mai » l'espérance se monte à +11% contre seulement +1,2% pour la stratégie « juin – septembre ». Toutefois, si l'on veut tenir compte du risque, la volatilité de la première stratégie est supérieure à la seconde stratégie, avec un niveau de 14,8% contre 10%. Mais avec un ratio de risque de 0,75 contre 0,22, l'évolution de Wall Street depuis cent ans confirme l'intérêt de suivre le dicton « Sell in May and go away ».

 

Pour aller plus loin dans l'analyse, nous avons également testé une troisième stratégie dans les mêmes conditions que les deux premières ; celle qui aurait consisté à acheter et conserver ses positions tout au long de la période de simulation, soit de 1918 à 2018. Le résultat de cette simulation montre qu'avec un niveau de 11,3% l'espérance de gain est très légérèmement supérieure à la stratégie « octobre – mai ». Toutefois, si l'on tient compte de la volatilité, le ratio de risque de la stratégie « octobre – mai » reste le plus élevé avec un niveau de 0,75 contre 0,65 pour la stratégie de « Buy and Hold ».

 

S'appuyer de manière systématique sur cette saisonnalité apparente ne permet donc pas de battre le marché. Pourtant il y a une nette différence dans les performances des stratégies « octobre – mai » et « juin – septembre ». Comment analyser ce paradoxe ?

 

Le dicton ne signifie pas que la tendance du marché va se retourner, mais qu'à partir du mois de mai, il y a mieux à faire ailleurs. De manière plus fine, l'analyse graphique montre qu'au cours de cette période, il faut davantage s'attendre à une consolidation du marché plutôt qu'à un bear market avec un marché qui évolue souvent en 3 phases : une première phase de baisse, puis une remontée que les gérants ont pris l'habitude de nommer « reprise estivale » et qui intervient fréquemment entre juillet et août ; le mouvement se termine généralement par une seconde phase de baisse qui atteint son paroxysme au mois de septembre, voire octobre.

 

 

L'analyse technique milite également pour une consolidation du Dow Jones

 

Concernant la configuration graphique actuelle, on peut constater que l'indice Dow Jones a commencé à donner les premiers signes d'essoufflement. La solide résistance des 27 000 points ne devrait pas être franchie dans l'immédiat sans une consolidation et un probable retour de l'indice à 24 300 points, un niveau qui correspond au retracement de 50% du rebond amorcé depuis le début de l'année. En prenant en compte la saisonnalité de l'indice, il semble judicieux, dans une optique de moyen/long terme, de revenir à l'achat seulement fin septembre. Pour notre part, nous attendrons également que la pression vendeuse qui a commencé à se manifester soit totalement purgée avant de revenir à l'achat sur les actions américaines.

 

dow jones

 

 

Achevé de rédiger le 15/05/2019

 

Jérôme Boumengel

Directeur de la prévision chez TrendFi

www.trendfi.fr

 

 

Copyright TrendFi 2019 - Pour toute reproduction ou toute citation, le nom de l'auteur et la source devront être mentionnés.

 

 
Mots clés
50 ans anniversaire WFI WFYI ACPR ACTIONS AMF ANALYSE FINANCIERE ASSEMBLEE GENERALE Actualités BANQUE DE FRANCE CAC 40 CAC40 CLIFF CLUB INVESTISSEMENT COMMUNIQUE DE PRESSE CROWDFUNDING CULTURE DEVELOPPEMENT DURABLE DIVIDENDES EDF ENTERNEXT EPARGNE EQUIPE ESG ESMA EUROPE FISCALITE Formation François Fillon GESTION DE PORTEFEUILLE GRAND EMPRUNT GRAPHIQUE HYDRAULIQUE INTERNET INTERVIEW INVESTIR ISF ISR Inform@ctions Magazine Ministre des Finances NEXT20 OAT OBLIGATIONS OCF OPA OPR PEA PEA PME PME PORTEFEUILLE POUVOIR Partenaire Presse Pédagogie REDACTION Rendez-vous Réunions d'actionnaires SUEZ ENVIRONNEMENT VALEURS MOYENNES VIVENDI WebTV Webzine actionnaire actionnaires actionnaires individuels analyse technique bonus bourse business angel certificat cinema clubiste finance guide investissement investisseur laskine lexique boursier opcvm partenaires presse financière produits derives quizz boursier retraite sociétés cotées économie