Finance & Technologie, association de Business Angels
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Interview de Philippe Elimas, délégué général de Finance & Technologie, association de Business Angels
Comment devient-on Business Angels ?
Philippe Elimas
Philippe Elimas, délégué général de l'association de Business Angels Finance & Technologie, s'est prêté au jeu des questions réponses afin de démystifier le statut de Business Angel; pour en finir avec les idées reçues et en savoir plus sur le rôle d'un Business Angel dans la vie, la gestion et le financement des entreprises.
Philippe Elimas, vous êtes le délégué général de Finance & Technologie, association de Business Angel basée en Ile de France, quel est l'objectif de cette association ?
Finance & Technologie est une des premières associations de Business Angels créée il y a 20 ans afin de rassembler les particuliers qui souhaitent investir en direct dans les PMEs et les start-up. Elle aide les jeunes entrepreneurs talentueux à développer leur entreprise, à leur fournir des contacts, à leur prodiguer des conseils et à les aider à réunir des financements.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les Business Angels ?
Être Business Angels, c'est d'abord et avant tout aimer l'entreprenariat. Il faut aider les jeunes entrepreneurs à se développer, car ce sont des créateurs de valeur et d'emplois. En effet, le manque de fond propre reste la principale cause d'échec lors de la création d'entreprises. Agir dans ce sens pour notre pays constitue un geste citoyen, mais c'est également un moyen de rencontrer des porteurs de projets pleins d'énergie et de confiance en l'avenir ; tous partagent ce même engouement pour le développement d'entreprises. Mais être Business Angel, c'est aussi avoir l'espoir d'un retour sur investissement significatif.

Le terme « Business Angels » est associé dans l'imaginaire collectif à des personnes fortunées, capables en un temps record d'investir des sommes importantes et c'est ce mythe, cette notion d'Ange Providentiel, selon la traduction littérale, qui fait rêver.

Je crois qu'il existe plus de 60 réseaux de Business Angels en France, qui sont adhérents à la Fédération Française France Angels, ce qui représente environ 4 000 adhérents.

Quelle est la particularité de Finance & Technologie ?
Finance & Technologie a été créé en 1999 à une époque où la notion de Business Angels n'était pas très développée en France. Finance & Technologie a d'ailleurs été l'un des membres fondateurs de la France Angels. A l'origine, l'association a été mise en place afin d'aider les jeunes entreprises du plateau de Saclay à démarrer leur activité. Puis, elle s'est rapidement fait un nom sur le territoire, et a été sollicitée pour organiser des événements mettant en relation des porteurs de projets et des investisseurs (réseaux de Business Angels, fonds de capital-risque, banques…). Ensuite, de nombreux partenariats avec les collectivités et les institutions locales ont permis d'amplifier la portée de ces événements.

Notre particularité est justement ce rôle de fédérateur au travers des rencontres de l'innovation qui permettent à des entrepreneurs de rencontrer différents types de financeurs en fonction du stade d'avancement de leurs projets. Ainsi, Finance & Technologie accompagne de nombreux événements au niveau régional mais aussi national : TechInnov, Les Afters du 30 de Massy, Spring Paris-Saclay, la Journée Entrepreneuriat Etudiants, Innovaday

Mais les fondateurs de Finance & Technologie ont voulu que l'association ne se limite pas à une simple  mission de financement des entreprises dans l'attente d'une plus-value ; ils ont souhaité que les adhérents puissent s'investir dans les phases pré et post-money et qu'ils aient un véritable rôle « sociétal ». Ainsi, ils soutiennent et accompagnent les établissements d'enseignement supérieurs du territoire de Paris-Saclay en intervenant auprès des étudiants sur des thématiques liées à l'entreprenariat ; ils aident ces derniers à développer leur projet et à se préparer aux rendez-vous avec les financeurs.
Ils participent également à des conférences sur l'entreprenariat, les clés de la réussite et les difficultés rencontrées dans le parcours du créateur (pitch, levée de fonds, communication avec les actionnaires). Et ils accompagnent aussi l'entrepreneur après la levée de fonds afin de le conseiller dans ses investissements.

Notre association rassemble actuellement une cinquantaine de personnes avec des degrés divers d'implication, certains sont encore dans la vie active professionnelle alors que d'autres sont des retraités actifs.

Qui sont les investisseurs qui choisissent le non coté et deviennent des Business Angel ?
Un investisseur qui choisit le non coté est un investisseur averti qui a déjà investi dans d'autres domaines (immobilier, assurance vie, actions, obligations, or…) et a pleinement conscience du risque de ce type d'investissement. Ainsi à l'exception des gens fortunés qui investissent seuls et n'ont pas besoin de se regrouper en réseau, les Business Angels sont plutôt des CSP + ayant déjà une expérience de l'entreprise (cadres d'entreprises, dirigeants de PME, professions libérales…).

Selon la Fédération France Angels, les Business Angel investissent en moyenne 10 000 € par an et par membre, soit 40 Millions d'euros par an pour ses 4 000 membres ; toutefois ce chiffre est à moduler selon les réseaux et le profil des adhérents.

Un Business Angel apporte son argent, mais aussi son expérience et son réseau. Concrètement, il aide à mettre en forme un projet, à le planifier afin de trouver le financement optimum et à coacher le créateur pour faire décoller le projet.

Tout le monde peut devenir Business Angel car tout le monde a des compétences à apporter, mais il faut avoir un goût du risque financier, la volonté de transmettre son expérience, et du temps pour bien faire les choses. Beaucoup de personnes recherchent ce type d'investissement car ils s'y projettent personnellement.
Les investisseurs recherchent plutôt des investissements de proximité car l'accompagnement peut difficilement être fait à distance.

Quels sont les rendements attendus et les avantages de ce type d'investissement ?
Vous pouvez tripler votre investissement initial mais vous pouvez aussi tout perdre. Le risque principal réside dans la faillite de l'entreprise. De plus, ce type d'investissement n'est pas liquide ; ce n'est que lors d'une nouvelle levée de fonds ou d'une vente, que vous pouvez sortir et récupérer votre investissement. Enfin, la valorisation d'une participation est un sujet extrêmement complexe qui n'est règlementée par aucune autorité.

Actuellement l'investissement dans les PMEs bénéficie d'un avantage fiscal au titre de l'IR-PME ; toutefois, cet avantage n'est plus un déclencheur d'investissement comme ce fut le cas auparavant avec l'ISF où les gens recherchaient la défiscalisation parfois au détriment de l'intérêt entrepreneurial. Avec la disparition de l'ISF, nous visons dorénavant un public plus large de Business Angels potentiels.

Vos adhérents bénéficient-ils d'un accompagnement afin de les aider à sélectionner des projets selon leur profil ?
On suppose que nos adhérents sont initiés à la mécanique d'entreprise car sinon … Nos membres sont recrutés par cooptation d'au moins deux autres membres, après un entretien individuel jugeant des motivations du candidat. L'objectif étant de s'assurer que le nouveau membre soit bien informé des règles du jeu. Puis, nous organisons des binômes Seniors – Juniors, afin de transmettre le savoir-faire.

Pensez-vous que tous les investisseurs en crowdfunding deviennent ensuite des Business Angel ?
Oui, je le pense. Une fois que les investisseurs ont compris la mécanique, ils vont être tentés de vouloir sélectionner eux-mêmes des projets, de les suivre et de les coacher. Ils sont alors prêts pour devenir de vrais Business Angels.

Le fait de devenir Business Angel peut-il être considéré comme une suite logique à des investissements participatifs
Personnellement, je pense qu'il y a un parcours type de l'épargnant détenant un livret A vers l'investisseur en non coté. Ainsi, lorsque j'avais 10 ans, j'avais un livret de Caisse d'Epargne, à 20 ans j'ai commencé à boursicoter avec un PEA, à 40 j'ai intégré un Club d'Investissement, puis à 60, j'ai rejoint un réseau de Business Angel.

Comment sélectionnez-vous les projets que vous financez ?
Cette sélection est fondé sur l'expérience de nos membres ; nous avons des critères portant sur les compétences de l'équipe, le projet et son degré d'innovation, le niveau de protection, le go-to-market, la cohérence du Business Plan et la capacité de sortie à terme.

Nous sélectionnons les projets selon un processus extrêmement simple en appliquant le principe d'un pipeline de qualification, avec des étapes et des décisions consensuelles. Nous avons une plateforme informatique pour supporter ce processus.

Nous n'avons pas de de thématiques d'investissements favorites ou de « vertical » et nous nous intéressons plus à la force de l'équipe et la qualité du projet. Par contre, nous n'investissons pas dans le secteur médical et les biotechnologies par manque de compétences puisqu'il y a déjà un réseau francilien dédié pour ces sujets.

Nous analysons plus de 150 dossiers par an, et nous n'en retenons que 3% en moyenne.

Le montant moyen demandé par les sociétés est très variable et peut fluctuer de 50 000€ à plusieurs millions d'euros. Dans notre réseau, nous traitons les projets de 50 000€ à 500 000€ en co-investissant avec d'autres réseaux.

Lorsque vous financez une société, choisissez-vous de sociétés en création ou des sociétés réalisant déjà du chiffre d'affaires ?
Notre cible favorite est la start-up créée il y a moins de 3 ans et qui réalise déjà du chiffres d'affaires ; ainsi, l'entreprise n'est pas encore trop chère et a déjà rencontré son marché en réalisant du chiffre d'affaires.

Quelles sont les obligations des sociétés vis-à-vis des Business Angels qui investissent dans leur capital ?
Les obligations de chaque partie sont consignées dans un document intitulé « pacte d'actionnaires ». Les comptes des sociétés financées sont certifiés avec l'assistance d'avocats et de comptables.

Quel accompagnement proposez-vous aux sociétés financées et à quelle fréquence les rencontrez-vous ?
La règle dans notre réseau est d'investir afin d'être présent au Comité Stratégique et d'avoir ainsi un rôle au sein de la gouvernance de l'entreprise. Nous possédons un fonds (Société d'Investissement Business Angels :SIBA) permettant de mutualiser les investissements des adhérents afin de peser sur l'entreprise.

Comment sort-on d'une participation et au bout de combien de temps ?

Il faut compter de 3 à 5 ans pour qu'une entreprise prenne son essor. Ensuite, le fondateur ou des fonds d'investissement peuvent racheter cette participation et prendre la suite pour accompagner son développement ; éventuellement il peut y avoir une introduction en bourse.
Depuis 1999 année de création de notre association, nos adhérents ont accompagné près de 50 start-up.

Ou les investisseurs peuvent-ils vous rencontrer pour en savoir plus sur l'association ?
Nous avons un site web http://www.finance-technologie.fr ainsi que des bureaux sur le plateau de Saclay. Nous sommes prêts à recevoir toute personne qui souhaiterait en savoir plus sur notre activité, ou nous rejoindre.
 
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Achevé de rédiger le 12 avril 2019

 

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