La chronique de cinéma - décembre 2017
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La chronique de Valerie BOAS
La chronique de cinéma - décembre 2017
Ce qui est bien, lorsque l’on entreprend de faire des critiques de films, c’est que de temps en temps, si vous n’avez rien écrit depuis un moment, des amis vous envoient un petit mail amical - en général le jeudi soir - et vous demandent : « Alors ? Qu’est-ce qu’il y a de bien à voir au ciné en ce moment ? ». Et là, bing… même si vous étiez enfouie chez vous, emmitouflée, calfeutrée et avec le nez qui coule… Et ben vous savez quoi ? Vous vous creusez la cervelle et vous leur répondez. Parce que c’est plus fort que vous. Il y a certains films qui doivent trouver leur public. Sinon, à quoi ça servirait, la critique ?
Les deux premiers films que je voudrais vous recommander sont des documentaires. Eh oui . N'arrêtez pas votre lecture, s'il vous plait. Si pour vous, documentaire = « film d'auteur pointu sans queue ni tête » + « prise de tête », et bien excusez-moi de vous dire mais vous datez complètement. Il faut vous mettre à jour. Le genre documentaire est en train de se réinventer complètement et il a donné dans les dernières des petits bijoux à côté desquels il serait franchement dommage de passer. Par exemple, en salles en ce moment, vous n'avez que l'embarras du choix entre (… roulement de tambour), par exemple :

Carré 35 de Eric Caravaca : plus connu comme acteur (on se souvient lui, par exemple dans la Chambre des Officiers, en 2000), Eric Caravaca signe ici son deuxième long-métrage et son premier documentaire. Il part à la recherche d'une sœur aînée, décédée avant sa naissance, au Maroc où vivaient ses parents, fils d'immigrés espagnols et dont la courte histoire l'amène à mettre à jour un secret de famille qui se fond avec une page sombre de l'Histoire. Bouleversant et pudique, le film surprend et émeut, tout comme 12 jours, de Raymond Depardon. L'inlassable explorateur de la France, à travers ses passions et ses institutions, livre avec ce beau film un témoignage puissant sur la condition humaine. 12 jours, c'est le délai maximum, fixé par la loi, qui doit s'écouler entre l'internement du personne en hôpital psychiatrique sans son consentement, et l'entretien avec un juge qui doit s'assurer de la régularité de la procédure et de l'opportunité de poursuivre l'internement. D'entretien en entretien, de personne en personne, notre regard sur la folie ordinaire va changer comme s'infléchit un point de vue. Ces internés, c'est vous, c'est moi, c'est nous…et c'est très fort.

Si je n' ai pas réussi à vous convaincre de succomber aux charmes du genre documentaire, alors il me reste l'arme fatale : la comédie. Certes, celle-ci n'est pas à mettre entre toutes les mains mais elle arrive précédée de la réputation de son réalisateur, qui n'est rien d'autre que le séduisant George Clooney. Certes, le beau George n'apparaît pas dans Bienvenue à Suburbicon, son dernier film, laissant le beau rôle à son vieux complice Matt Damon. Mais son sens de l'humour et son autodérision sont partout présents dans cette comédie au vitriol. Sous ses airs de farce, le film dénonce la face cachée du rêve américain à travers une plongée abyssale une banlieue proprette où affluent les classes moyennes dans les années soixante. Hypocrisie, racisme, et même meurtre, ce qui se joue derrière les portes fermées des pavillons dotés de tout le confort moderne n'est pas beau à voir. Avec une Julianne Moore épatante de duplicité en fille d'immigrés irlandais, des seconds rôles en or (Oscar Isaac par exemple, vu dans Inside Llewyn Davis), l'esprit des frères Coen flotte sur cette comédie macabre et délirante, qui ne laissera personne indifférent.

Enfin, s'il vous reste un peu de patience et d'envie, alors je vous enjoins, dès le 13 décembre, de courir en salles coir La Fiancée du Désert de Cecilia Atan et Valeria Pivato. Ce film argentin (ah… les films argentins !) profondément original et féminin peut, j'allais même dire doit, être vu par les hommes et par les femmes. Le pitch est tout simple : Teresa, une dame d'un certain âge, doit quitter son emploi d'employée de maison au sein d'une famille de la bourgeoisie argentine qui n'a plus les moyens de la garder à son service mais la recommande à une famille vivant loin de là, en Patagonie. Seule et désemparée, Teresa prend le bus vers sa nouvelle vie, et la tristesse fait bientôt place à l'espoir d'une renaissance. Le film émeut avec pudeur et pourrait bien mériter le titre de conte de Noël de l'année 2017.

Et voilà. Comme vous voyez, il y a vraiment de quoi, je crois, braver la froidure de l'hiver pour rejoindre les salles obscures. Sans oublier sa petite laine, ni son envie de découvrir le monde.

Bonnes fêtes à tous !
 
 
N'hésitez pas à visionner la bande annonce de ces films en cliquant sur les images 
 
Carre 35
d'
Eric Caravaca
 
12 jours
de Raymond Depardon

affiche
 AFFICHE
Bande-annonce
 
Bande annonce
  
 
Bienvenue à Suburbicon
de George Clooney
 
La Fiancée du désert
de Cecilia Atan et Valeria Pivato
affiche
 AFFICHE
Bande-annonce

 

Bande annonce
 
 Valerie Boas est une professionnelle de la finance et une blogueuse cinéma.
Retrouvez ses chroniques d'actualité sur son blog : http://theboboblog.wordpress.com

 

 

 

 
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