Actions et assurance vie : un pari qui n'est pas aussi risqué qu'on pourrait le penser !
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Actions et assurance vie : un pari qui n’est pas aussi risqué qu’on pourrait le penser !
Jérôme Boumengel de Tendance.com vous démontre par des simulations que les actions et l'assurance peuvent être complémentaires !
Pour contrebalancer la baisse tendancielle des rendements des fonds euros, le détenteur d'un contrat d'assurance vie ne devrait pas hésiter à accepter une dose de risque et aller chercher de la performance sur les actions. Ce n'est pas un pari aussi risqué que cela, et pour le montrer j'ai réalisé les simulations historiques et les calculs qui vont suivre.

L'idée est de tester différentes stratégies consistant à acheter, conserver puis revendre des actions sur différentes périodes de détention allant de 1 mois à 8 ans (stratégies dites de « Buy and hold)). La dernière des 11 stratégies testées correspond à la durée d'un contrat d'assurance vie. L'objectif de cette simulation historique vise à déterminer ce qu'un investissement en actions aurait pu apporter à un contrat d'assurance-vie en termes de rendement et de risque.

Présentation de la simulation  :

Afin de travailler sur un historique conséquent, la simulation est faite sur l'indice MSCI USA (en dollar). Cet indice, calculé par Morgan Stanley Capital Investment, mesure la performance d'un panier d'actions américaines pondérées selon leur capitalisation boursière. Il a également l'avantage de tenir compte des dividendes versés.

J'ai regroupé les résultats obtenus dans le tableau synthétique ci-après (Cf. Figure.1). Les  calculs montrent que pour cet indice et pour un historique allant de 1970 à 2016, les actions paraissent bien adaptées à la durée d'immobilisation d'un contrat d'assurance-vie.
 
Figure 1
 

        (1)     Nombre de données de l'échantillon.
(2)     Performance moyenne (en %) obtenue pour chaque stratégie.
(3)     Ecart type. Par exemple, pour une durée de détention de 1 mois, 95% des performances mensuelles sont comprises entre -7,7% et +9,5%.
(4)     Nombre de gains.
(5)     Nombre de pertes.
(6)     Probabilité (en %) de ne pas perdre de l'argent au bout de la période de détention. Il s'agit du rapport (4) / (1)
(7)     Gain maximal obtenu pour chaque stratégie.
(8)     Perte maximale obtenue pour chaque stratégie.
(9)     Ratio qui correspond au rapport entre la performance moyenne et l'écart type. Plus il est élevé, plus la stratégie est pertinente du point de vue du couple rentabilité/risque.

 

 

 Deux enseignements importants peuvent être tirés  :

1) Tout d'abord, la probabilité de ne pas perdre d'argent au bout de la période de détention augmente avec la durée de celle-ci (Cf. Figure.2). On comprend ainsi pourquoi il est très difficile de gagner de l'argent à court terme, alors qu'il est plus aisé d'en gagner en prenant des positions à  long terme. Pour la stratégie à 1 mois, consistant à investir le premier jour ouvré du mois et à revendre le dernier jour de ce même mois, la probabilité de gagner de l'argent n'est que de 63%, tandis qu'elle monte jusqu'à 97% pour les stratégies à 7 et 8 ans.

 

Figure 2

 

(2) Le second enseignement de cette simulation montre que si un placement long terme en actions offre davantage de chances de gagner de l'argent qu'une activité de trading à court terme, l'exercice permet également un meilleur ratio de risque.  Pour la stratégie à 1 mois, le rapport entre le gain maximal et la perte maximale (en valeur absolue) est inférieur à 1, tandis qu'il culmine à 22 pour la stratégie à 6 ans. Et si je prends comme critère de risque, le rapport entre la performance moyenne et l'écart type (Cf. Figure.3), le constat est identique.  Le ratio évolue également sur une courbe ascendante et atteint un maximum à 1,34 pour la stratégie à 8 ans, contre 0,22 pour celle à 1 mois. Autrement dit, le risque pris sur les actions a été 6 fois mieux rémunéré avec la stratégie à 8 ans qu'avec celle à 1 mois. Un investisseur rationnel aurait donc été bien inspiré de placer son capital sur une durée de 8 ans.

 

Figure 3

 

Mais les leçons de l'histoire nous indiquent que s'il est bien moins risqué d'investir sur les actions dans une optique à long terme, une telle stratégie n'offre aucune garantie de conservation du capital investi. Les marchés financiers ne sont jamais à l'abri d'un « cygne noir », et selon sa date d'entrée, un contrat détenu pendant 8 ans peut afficher des résultats très différents, même si la probabilité de perdre une partie de son capital reste faible. Dans tous les cas, le timing sera crucial pour optimiser non seulement les gains, mais également les risques.

 

En reprenant l'exemple de l'indice MSCI USA, la perte maximale (Maximum Drawdown) de la stratégie à 8 ans ressort à -34%. Il s'agit ici du plus mauvais timing d'entrée qui correspond au cas où un investisseur serait entré sur le marché en février 2001. Mais pour dynamiser son contrat d'assurance vie, il n'est pas nécessaire de tout miser sur les actions comme je vais le montrer dans la seconde simulation.

 

L'apport des actions dans un contrat d'assurance vie :

 

Pour réduire son risque de perte, un épargnant peut décider de répartir son contrat d'assurance vie entre fonds en euros et unités de compte. Les gains capitalisés sur le fonds en euros vont alors servir à couvrir une partie des pertes que pourraient occasionner les unités de compte.

 

La deuxième simulation a pour objectif d'analyser le comportement en termes de risque, de 6 profils de contrat d'assurance-vie. Ceux-ci vont du profil sécurité, où 100% des actifs sont placés dans le fonds euros de l'Afer, jusqu'au profil spéculatif où 100% des actifs sont placés dans des actions américaines par le biais de l'indice MSCI USA.

 

Les résultats ont été regroupés dans le tableau  ci-après (Cf. Figure.4). On constate notamment qu'un contrat équilibré, investi à hauteur de 60% en fonds euros et 40% en actions, affiche une perte maximale positive de 7%. Autrement dit, depuis 1970, un investisseur qui aurait ouvert un contrat d'assurance vie avec un profil équilibré, n'aurait subi aucune perte en capital, tout en bénéficiant d'une rentabilité plus élevée.

 


Figure 4

 

 

En effet, sur cette période, le rendement annuel moyen du Fonds euros de l'Afer ressort à 5,8%, contre un rendement de 11,2% pour les actions américaines. Mais si le rendement moyen des actions est stable sur cette période, ce n'est pas le cas de la rémunération des fonds en euros laquelle est tendanciellement orientée à la baisse depuis les années 80. A titre d'exemple, le rendement du Fonds Afer est retombé à 2,65% en 2016, alors qu'il était à 4,33% il y a 10 ans. Et tout laisse à penser que cette situation va perdurer dans les années à venir. Intégrer une allocation actions dans son contrat d'assurance vie, ne serait-ce que 20%, constitue une alternative rationnelle pour dynamiser son contrat d'assurance vie.

 

 

 © Copyright Jérôme Boumengel  -  Pour toute reproduction ou toute citation, le nom de l'auteur et la source devront être mentionnés.

 

 
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