La chronique cinéma de juin 2016
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La chronique de Valérie BOAS - Films de juin : l’Euro, une série et la fête du cinéma
La chronique cinéma de juin 2016
Je n’ai vraiment rien contre l’Euro. Au contraire, depuis le 10 juin, je ne boude pas mon plaisir devant un bon match. Mais pour être complètement honnête, je regrette quand même une chose dans cette compétition : l’absence du Danemark, recalé en phase éliminatoire. Mais je me console, et l’Euro m’y aide. Car tandis que mes enfants vont regarder le match au café du coin j’ai la télé pour moi toute seule.

Je n'ai vraiment rien contre l'Euro. Au contraire, depuis le 10 juin, je ne boude pas mon plaisir devant un bon match. Mais pour être complètement honnête, je regrette quand même une chose dans cette compétition : l'absence du Danemark, recalé en phase éliminatoire. Mais je me console, et l'Euro m'y aide. Car tandis que mes enfants vont regarder le match au café du coin j'ai la télé pour moi toute seule. Et là, je peux me prendre une grande dose de Danemark en toute tranquillité. Tous les jeudis, sur Arte, le secret le moins bien gardé de la DR – la chaîne de télévision danoise qui nous avait déjà offert The Killing, Borgen et The Bridge- s'appelle Les Héritiers.

 

C'est l'histoire d'une famille danoise pas très ordinaire – une mère artiste contemporaine à succès, qui a eu trois enfants, aujourd'hui adultes, avec deux hommes différents. Cette femme meurt brutalement, laissant à la fratrie une grande maison, un peu de bien et surtout… une petite sœur. Au fil de dix épisodes admirablement mis en scène, on vit les errements de cette famille qui se déchire, se rabiboche et apprend peu à peu, maladroitement, à vivre ensemble. On vit leurs renoncements, leurs doutes, leurs mesquineries et leurs peurs comme si c'étaient les nôtres. Et c'est cela, la force du cinéma danois – et aussi des séries danoises : l'empathie filmé au plus près de l'intime. Du grand art.

Cela étant, le dernier épisode de la série sera diffusé la semaine prochaine, la phase de poules et terminée et la fête du cinéma approche à grands pas (la séance sera à 4 euros du 26 au 29 juin). Trois bonnes raisons de reprendre le chemin des salles obscures pour voir. Voici quelques pistes pour de bonnes toiles si vous manquez d'inspiration :
 
- Jouer les séances de rattrapage pour des films présentés à Cannes : côté compétition officielle, on n'a que l'embarras du choix. Julieta de Pedro Almodovar, vous embarquera dans un sublimé mélo inspiré d'Alice Munro. Café Society de Woody Allen, vous fera sourire et revivre les dessous du Hollywood des années 60. Elle de Paul Verhoeven vous révélera, s'il en était encore besoin, les multiples facettes du talent d'Isabelle Huppert. Et pour les amateurs de Bourse qui ne dorment jamais que d'un œil au fond des lecteurs de cette chronique, il faudra penser à Money Monster, de Jodie Foster, avec George Clooney et Julia Roberts, présenté hors compétition. Enfin, puisque l'été a l'air de finalement pointer le bout de son nez, Folles de Joie, présenté dans la Semaine de la Critique, vaut également le détour avec une Valeria Bruni Tedeschi étonnante dans un film solaire, inattendu et émouvant sur la maternité.
 
- Pour se laisser porter par la musique, la danse et les voyages on pourra opter pour Le Professeur de Violon, de Sergio Machado, l'histoire d'un violoniste brésilien qui s'engage auprès des gamins des favelas ou le très beau Mr. Gaga, sur les pas d'Ohad Naharin, sublime voyage dans les traces de la personnalité complexe du plus grand chorégraphe israélien contemporain.
 
En résumé, pas que quoi chômer entre deux matches de l'Euro. D'ailleurs, je ne sais pas vous mais moi, en l'absence du Danemark, j'ai jeté mon dévolu sur l'équipe d'Islande. Je l'adore. Un pays de 300 000 habitants (en gros, autant qu'à Nice), avec en tout et pour 100 joueurs professionnels et deux co-sélectionneurs bénévoles à mi-temps, dont l'un est prof de gym et l'autre… dentiste. Et cette équipe qu'on n'attendait pas se paie le luxe de battre l'Autriche et de faire jeu égal avec le Portugal. Pour leur première sélection dans la compétition européenne, ils débarquent en huitièmes de finale et affronteront l'Angleterre le 27 juin. Les Anglais, dont le moral doit être déjà entamé par le Brexit, ont du souci à se faire. Moi je dis qu'il y a de quoi faire un film. Ou peut-être même une série.
 
N'hésitez pas à visionner la bande annonce de ces films en cliquant sur les images 
Les Héritiers
Ecrite par Maya Ilsoe et réalisée par Pernilla August
Julieta
de Pedro Almodovar
en salle depuis le 18 mai 2016
affiche
Bande-annonce
Bande annonce
 

 
Café Society
de Woody Allen
en salle depuis le 11 mai 2016
Elle
de Paul Verhoeven
en salle depuis le 21 mai 2016
 

 

affiche
 Bande-annonce
 

 Bande-annonce

www.youtube.com/watch

 
 
Money Monster
de Jodie Foster
en salle depuis le 12 mai 2016
Folles de Joie
de Paolo Virzi
  Bande-annonce

www.allocine.fr/video/player

  Bande-annonce
 
 
 
 
Le Professeur de Violon
de Sérgio Machado
en salle depuis le 22 juin 2016
 
 
 
  Bande-annonce
 
 
 Valérie Boas est une professionnelle de la finance et une blogueuse cinéma. Retrouvez ses chroniques d'actualité sur son blog : http://theboboblog.wordpress.com