Le secteur pétrolier, entre baisse des cours et réchauffement climatique
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Le secteur pétrolier, entre baisse des cours et réchauffement climatique
Depuis la COP21, la campagne de désinvestissement des énergies fossiles ne cesse de faire des émules auprès des investisseurs. L’industrie charbonnière est sinistrée et les grandes compagnies pétrolières ont dû se restructurer dans l’attente de jours meilleurs. Certaines en ont profité pour regarder du côté d’énergies moins émettrices en carbone.
Cinq mois après la conférence climat de Paris, la COP21, le désinvestissement des énergies fossiles, responsables de 80 % des émissions de CO2, se poursuit. Fin avril, Copenhague, la capitale danoise, a fait ce choix. Elle rejoint d'autres collectivités locales dans le monde, dont Paris, et plus largement des centaines d'investisseurs, des fonds de pension, des organisations non gouvernementales (ONG), des fondations, des universités…. En amont de la COP21, l'ONG 350.org, à l'initiative de ce mouvement né en 2010, a enregistré des succès contre le charbon, énergie fossile la plus polluante. Le fonds norvégien du pétrole, le premier fonds souverain au monde, avec près de 900 milliards de dollars d'actifs, AXA et d'autres, ont annoncé leur retrait du secteur. Ces désinvestissements qui ont une valeur forte de symbole, ont été opérés dans une industrie déjà fragilisée par la baisse de la demande en Chine et aux Etats-Unis, et en raison de la concurrence d'autres énergies. Depuis son pic de 2013, la production de charbon ne cesse de descendre. Et aujourd'hui, Peabody, le leader américain, est sous la protection de la loi sur les faillites.

Une chute des cours sans précédent
Les investisseurs n'ont pas les mêmes rapports avec le secteur pétrolier, également émetteur de CO2 et de gaz à effet de serre. Certes, sa réputation a été souillée à plusieurs reprises par des catastrophes écologiques. La pollution du delta du Niger par Shell en 2008 et surtout la marée noire dans le golfe du Mexique en 2010 en sont les plus récentes et les plus emblématiques. Elles rappellent toutefois à ces acteurs qu'ils ne peuvent plus agir impunément. La pollution du golfe du Mexique a déjà coûté plus de 56 milliards de dollars au britannique BP, tenu pour responsable.

La défection est venue essentiellement de l'effondrement des prix du pétrole entre mi-2014 et février 2016. Cette chute a refroidi les ardeurs, qu'un baril fanfaronnant à 115 dollars nourrissait. Tout était possible. Les projets, même les plus complexes et périlleux, devenaient réalisables : exploitation de gisements en grande profondeur, des sables bitumineux, du gaz et du pétrole de schistes… Il y a eu une vague d'investissements sans précédent dans l'exploration et la production dans le monde, s'élevant à 683 milliards de dollars en 2014, selon les chiffres fournis par l'IFPEN (IFP Energies nouvelles).
 

 
 
Alors quand l'Arabie Saoudite a décidé d'ouvrir les vannes, cette année-là, pour préserver ses parts de marché, face au développement de l'industrie pétrolière américaine, en pleine ruée sur les gaz et pétrole de schistes, un monde s'est écroulé.

En février 2016, le baril de pétrole a valu moins de 29 dollars, quatre fois moins qu'en juin 2014. Il inscrivait un plus bas depuis 12 ans. Aux Etats-Unis, les faillites se sont multipliées. Une cinquantaine en l'espace d'un an, pour cause d'endettement excessif principalement. Il était supportable au-delà de 70 dollars le baril. Des projets ont été abandonnés. Les notes de crédit du secteur se sont dégradées. Et la planète finance a vacillé.

Les cours des majors pétroliers, autrement dit des groupes intégrés dans l'exploration, la production, le raffinage et la distribution de pétrole, chutaient de 30% et 50%. Sur cette période, la valeur boursière du numéro un français Total, avait fondu de plus d'un tiers.

Des résultats en forte baisse
« La détérioration de la capacité des entreprises à couvrir le dividende explique la sous-performance du secteur, ces dernières années, souligne Eros Portillo Spetaliere, analyste en charge du secteur de l'énergie de la banque belge Degroof Petercam. L'image de la valeur de bon père de famille a vacillé dans cette crise. « A cela s'ajoute les nombreux retards de développement de projets ainsi que les surcoûts dans les dépenses d'exploitation (Opex) et d'investissement (Capex) qui ont causé une grande destruction de capital et donc une chute massive de la rentabilité », poursuit-il

La moisson des résultats de 2015 a été l'une des pires de l'histoire pétrolière. Les profits d'ExxonMobil sont divisés par deux, ceux de Chevron par quatre, ceux de Shell par huit. BP annonce une perte de 6,48 milliards de dollars. Total quant à lui n'enregistre qu'un recul de l'ordre de 20 % de son bénéfice. Au premier trimestre, Total a enregistré un bénéfice de 1,6 milliard de dollars, soit une baisse de 37 % par rapport à la même période de l'an dernier. Le britannique BP a publié un résultat net en chute de 80 %. Aussi spectaculaire que cela puisse paraître, ces résultats sont moins catastrophiques que ne l'attendaient les analystes financiers.

L'accent sur la rentabilité et le dividende
Les acteurs intégrés ont pu compenser les pertes dans l'exploitation et la production avec les bénéfices dégagées par leurs activités de raffinage et de distribution. Ils ont aussi rapidement pris les mesures pour résister à cette tourmente, réduisant les investissements, les effectifs et les coûts. « Les compagnies pétrolières ont fait d'énorme progrès sur la rentabilité des opérations. Un gisement de pétrole de schiste aux Etats-Unis est profitable dès 30 dollars le baril. En 10 ans, la rentabilité des sociétés a été multipliée par 10, fait remarquer Anthony Dupiellet, gérant de fonds Actions de la société de gestion Federal Finance. Du coup, elles ne renoncent pas à certaines exploitations en eau profonde. Au Brésil, les champs à exploiter dont les réserves sont énormes sont rentables dès 40 dollars le baril au lieu de 80 dollars, cinq ans plus tôt. En revanche, les sables bitumineux sont hors jeu aujourd'hui. »

La plupart des compagnies ont maintenu leur dividende contre vents et marées. Avec la baisse des cours, les rendements affichés sont devenus très attractifs, surtout au regard de la faiblesse des taux d'intérêt : plus de 5 % pour Total et plus de 7 % pour BP et Royal Dutch Shell, au début de mai. Pour préserver leur cash, elles incitent toutefois les actionnaires à souscrire leur dividende en actions en proposant des décotes de 10 % par rapport au cours du titre. « Nous regardons à quel niveau du prix du baril, les compagnies pétrolières arriveront à l'équilibre en cash-flow pour pouvoir distribuer leurs dividendes sans puiser dans leur trésorerie. D'ici là, très peu endettées, elles bénéficient du levier de la dette pour satisfaire les gros investisseurs en quête de rendement de 5 % », signale Anthony Dupiellet

A partir de la mi-février, le secteur pétrolier a bénéficié d'une embellie. A fin avril, les cours du pétrole avaient repris plus de 65 %. Elle aurait pu tourner court. La réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qui s'est tenue à Doha, à la mi-avril, s'est soldée par un échec. La rivalité entre l'Arabie Saoudite et l'Iran, revenu sur le marché après la levée des sanctions économiques en début d'année, n'a pas permis d'aboutir à un accord sur le gel de la production. Paradoxalement, le prix du baril a bien résisté.

Vers un rééquilibrage en 2017
S'il y a un afflux de l'offre de pétrole, la demande reste soutenue grâce tout d'abord, à la faiblesse des cours. Ensuite, elle s'explique par la croissance démographique des pays émergents et le scénario d'amélioration de leurs standards de vie. Pour preuve, les ventes de voitures continuent de progresser : + 3% sur un an au niveau mondial en février 2016, selon une analyse de la Banque canadienne Scotia. Une manne pour l'industrie pétrolière.

Contrairement au charbon, concurrencé sur le marché de l'électricité par le gaz, l'énergie hydraulique, le nucléaire, le pétrole est encore confortablement installé sur le marché des carburants. Selon l'IFPEN, le marché des véhicules hybrides et électriques ne représente actuellement que 3 % du marché français de l'automobile. Leurs experts anticipent toutefois une part de marché mondial entre 5 % et 15 % en 2020, et pour l'Europe entre 25 % et 30 % d'ici 2030. Mais la vitesse de leur croissance dépendra des cours du pétrole.
 
 

 
En attendant, les spécialistes prévoient un rééquilibrage prochain du marché mondial du brut. « En 2015, nous avions sous-pondéré le secteur de 2 à 3 % dans nos fonds. Cela nous a été profitable. Aujourd'hui, nous révisons à la hausse les perspectives, car la chute des prix du pétrole a entraîné une forte réponse de la demande. Jusqu'à présent, les spécialistes n'en tenaient pas compte. La hausse de la consommation progresse de 1,4 million de barils par jour, tandis que l'offre, toujours excédentaire de 1,9 million de barils par jour, a tendance à diminuer. Selon nos estimations, l'offre va rencontrer la demande fin 2017 », prévoit le gérant de portefeuille Actions chez Federal Finance. Dans son rapport annuel, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a prévu également ce rééquilibrage l'an prochain, mais sans rebond de prix du pétrole en raison des stocks abondants.

L'impact climatique

Si la quête de rendement et la perspective d'un retour prochain à la normale motivent les investisseurs, ceux-ci commencent à porter un autre regard sur le secteur, et notamment sur ses réserves qui une fois exploitées participeront au changement climatique. Des chercheurs de l'Institut de Postdam estimaient dans la revue Sciences Advances, l'été dernier, que si nous brûlons la totalité des réserves d'énergies fossiles, la température sur Terre bondirait de 11°C, bien au-dessus de la limite fixée par la COP 21 (+2°C max). Cela fait réfléchir, notamment sur le fait qu'en raison du contexte écologique, toutes ne pourront être exploitées. « Je regarde principalement les réserves 1P, c'est-à-dire les réserves prouvées, développées et non développées, pour les compagnies pétrolières intégrées, signale Eros Portillo Spetaliere. Représentant 15 années, elles ne sont comptabilisées que lorsqu'une décision d'investissement a été prise. Les sociétés d'exploration et de production sont valorisées sur la base de leurs réserves 2P (prouvées et probables) dont la durée de vie est plus grande et le montant incertain »
 
 

 
Les compagnies pétrolières ont compris également que l'heure était au changement. Certaines ont fait évoluer leur stratégie et notamment leur mix-énergétique pour aller vers des énergies dont les émissions de carbone sont moins fortes. Les majors du pétrole sont devenus des acteurs de premier plan dans le gaz naturel. En octobre 2015, dans leur déclaration commune en faveur de la COP21, dix des plus grandes compagnies pétrolières et gazières mondiales (1) ont indiqué, parmi les mesures envisagées pour réduire l'intensité en carbone du mix-énergétique, des investissements significatifs dans le gaz naturel qui rejette moins d'émissions sur l'ensemble du cycle de vie, deux fois moins que le charbon. En 2014, la production de gaz de Total a dépassé pour la première fois celle du pétrole, alors qu'il y a dix ans, elle n'était que de 34 % dans la production d'hydrocarbures. « Seulement, ce mouvement massif vers le gaz n'est pas sans risque, avertit Anthony Dupiellet. Aujourd'hui, nos perspectives sur ce marché sont négatives, car il y a des excédents importants. Les risques pourraient se matérialiser en 2020. D'ici là, nous allons assister à une décorrélation des cours du gaz par rapport à ceux du pétrole. »

L'essor des énergies vertes
A opposer énergies fossiles et énergies renouvelables, on en oublie que, depuis quelques années, des compagnies pétrolières sont devenues des acteurs majeurs des énergies vertes. Avec le rachat de Saft, Total cherche ainsi à poursuivre sa stratégie de diversification dans les énergies renouvelables et l'électricité, initiée avec l'acquisition de SunPower, leader mondial de l'énergie solaire, en 2011. Et Royal Dutch Shell du brésilien Raizen, un producteur phare du biocarburant à faible teneur en carbone. Depuis le début de l'année, ils ont soigné leur communication dans ce domaine. Quelques mois après la COP21, c'était judicieux. Ainsi, le numéro un français a annoncé, en avril, avoir rejoint l'Initiative Terrawatt (TWI) en tant que membre fondateur. Cette ONG regroupe les acteurs clés du secteur privé dans l'énergie solaire. Elle fait campagne pour une énergie solaire à un coût abordable partout dans le monde. Comme son nom l'indique, elle vise à déployer plus de 1 térawatt (1 000 gigawatts) de puissance photovoltaïque d'ici 2030, soit un investissement de plus de 1 000 milliards de dollars. Parallèlement, Statoil, l'entreprise publique norvégienne, et l'énergéticien allemand E.ON ont dévoilé leur plan d'investissement de plus de 1,2 milliard d'euros dans un champ d'éoliennes en mer Baltique. Le finlandais Neste a, quant à lui, rayé le mot « oil » de son nom et se pose en leader dans les diesels renouvelables. La transition énergétique semble en marche.
 
 

 
« Malgré le fait d'être de gros acteurs, l'importance du renouvelable dans la contribution du résultat des sociétés pétrolières reste marginale étant donné la taille de ces sociétés, plus de 100 milliards de dollars », fait remarquer Eros Portillo Spetaliere. La taille du marché des énergies renouvelables n'est que de 2,6 % du mix-énergétique, selon les données de BP, alors que les ressources hydrocarbonées totalisent encore 86%. Le renouvelable va bénéficier de la plus forte croissance dans le mix durant les années à venir, mais la part des hydrocarbonés restera toutefois très importante dans le futur.

« Tous les grands groupes pétroliers veulent devenir énergéticiens. Ils en ont les moyens, et leur vrai métier est d'allouer les capitaux : plutôt que d'explorer l'Arctique pour le pétrole, ils peuvent utiliser leurs gisements de gaz ou construire des centrales solaires pour produire de l'électricité, et atteindre le client final avec leurs réseaux de stations-services » fait remarquer Jérôme Lieury, directeur de la stratégie actions de Promepar Asset Management. Les grands groupes « intégrés » sont de moins en moins pétroliers. Ils peuvent rivaliser avec les électriciens, avec toutefois le risque de devenir concurrents de leurs clients.

Les motifs de satisfaction se multiplient. Philippe Desfossés, directeur de l'ERAFP (Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique) regrette qu'on ne dise pas assez que Total, à travers sa filiale SunPower, est devenu le plus gros producteur mondial d'énergie électrique d'origine solaire. Accroitre la production d'électricité d'origine « renouvelable » suppose en parallèle d'augmenter les moyens consacrés à son stockage. C'est dans cette perspective que s'inscrit la récente décision du Groupe de racheter le spécialiste des batteries SAFT. Voici deux exemples concrets de ce que peut faire un grand groupe pour s'adapter aux nouvelles réalités.

Il faut de même apprécier à sa juste valeur la décision de Total d'intégrer le directeur de sa nouvelle branche « Gaz, énergies renouvelables et électricité » au comité exécutif du groupe. « Cette décision montre que le groupe français est conscient des enjeux liés au réchauffement climatique et qu'il est déterminé à prendre toute sa part à la transition », explique Philippe Desfossés. A un groupe comme Total qui montre sa détermination à évoluer, il oppose ExxonMobil dont l'attitude confirme que son management n'a pas compris qu'il doit adapter son business model et qu'il reste largement dans le déni de réalité. L'an passé, le site InsideClimate News dévoilait que des chercheurs de la compagnie américaine avaient prévenu, dès les années 1970 et 1980, les dirigeants de l'entreprise des menaces que les activités du groupe faisaient peser sur le changement climatique. Le procureur de New York s'est emparé de ces révélations pour assigner ExxonMobil afin de comprendre pourquoi il n'a pas alerté les actionnaires sur ces risques. « En tant qu'investisseur ISR, nous surveillons les enjeux de gouvernance de ces grands groupes, la composition des pétroles qu'ils exploitent, la couverture de leurs risques, l'abandon des forages en grande profondeur au profit de la géothermie ou d'autres énergies alternatives, détaille Philippe Desfossés. Il faut être réaliste. Nous avons besoin de pétrole pour longtemps encore. Le basculement vers d'autres énergies s'organise peu à peu mais attention pour les pétroles non conventionnelles et les plus lourds la fin pourrait venir beaucoup plus vite que certains le croient ou l'espèrent. La faillite récente du leader mondial du charbon Peabody devrait les faire réfléchir. »

A ce stade, la donne écologique est rarement modélisée par les investisseurs, malgré l'inéluctable à moyen ou long terme. A chacun d'agir dès lors en fonction de ses convictions. « Selon moi, faire preuve de conservatisme dans le calcul de la valeur à terme de ces sociétés reste le meilleur moyen pour tenir compte de cette réalité du changement climatique », exprime Eros Portillo Spetaliere. Il est donc possible d'estimer l'impact des discussions sur le climat sur l'équilibre entre l'offre et la demande de pétrole, gaz et charbon.
 

Article rédigé par Stéphane Le Page


(1)    – Signataires de la déclaration de l'OGCI (Oil and Gas Climate Initiative), le 16 octobre 2015 : BG Group, BP, Eni, Pemex, Reliance Industries, Repsol, Saudi Aramco, Shell, Statoil et Total. L'OGCI a été créée à la suite d'échanges lors de la rencontre annuelle du forum économique mondial en janvier 2014 et a été officiellement lancée lors du sommet de l'ONU sur le climat en septembre 2014. Parallèlement, l'OGCI (Oil & Gas Climate Initiative), l'initiative dont les signataires sont membres, a publié un rapport intitulé « Plus d'énergie, moins d'émissions ».
 

 

 
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