Épargne de long terme : l'hégémonie de l'assurance vie rapport Berger-Lefebvre
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Rubrique Marché - Magazine Inform@ctions n°53 - Avril 2013
Épargne de long terme : l’hégémonie de l’assurance vie
Le gouvernement se penche les moyens de mieux orienter l’épargne financière des Français. Une fois de plus, le potentiel des actionnaires individuels est ignoré.

Les actionnaires individuels sont-ils considérés comme des partenaires pour contribuer au développement des PME-ETI innovantes ? La réponse est non à la lecture du rapport Berger-Lefebvre, publié le 2avril. Certes, les quelque 150 milliards (d'après les dernières indications de la Banque de France) qu'ils détiennent en direct dans des valeurs cotées font pâle figure à côté des 1 430 milliards accumulés dans l'assurance-vie. Mais comme 90% de cette somme est investie dans des contrats en euros, c'est-à-dire à rendement et capital garantis, c'est peu dire que le placement préféré des Français ne contribue pas au financement des entreprises, en particulier des PME et des ETI (1).

 

L'objectif des deux députés, Karine Berger et Dominique Lefebvre, est d'en flécher quelque 100 milliards d'encours (moins de 3 % du total) en quatre ans. Pour cela, un nouveau type de contrat -baptisé « euro croissance » - serait créé qui bénéficierait d'une garantie du capital qu'à terme. A charge pour les assureurs de placer les actifs de façon plus dynamique. Les gros épargnants seraient incités à y souscrire dans la mesure ou ils perdraient les avantages de l'assurance-vie sur les contrats classiques supérieurs à 500 000 euros.

 

 

Les actions injustement ignorée

 

Le diagnostic est très bien argumenté et les solutions sont intéressantes. À ceci près que le rapport ne s'intéresse qu'à l'épargne intermédiée et néglige totalement le potentiel de l'investissement en direct. Or, il existe en France une population non négligeable d'épargnants qui comprend très bien le mécanisme du couple risque/rendement et qui sait pertinemment que la baisse du premier se fait invariablement au détriment du second. On le sait, et le rapport le relève justement, nos concitoyens sont avides de sécurité et ils épargnent en conséquence.

 

Qu'est-ce que cela donne dans la durée ?

Sensiblement mieux que l'inflation en dix-sept ans mais aussi beaucoup moins que les actions.

Le cabinet d'analyse financière IODS (2) a cherché à mesurer la performance du patrimoine financier des ménages. Pour ce faire, il vient de créer un indice patrimonial retraçant précisément la performance des actifs financiers détenus par les épargnants. Les premiers résultats, calculés de janvier 1996 à décembre 2012, sont éloquents : cet indice a progressé en moyenne de 3% par an (hors fiscalité), un rythme près de deux fois supérieur à celui de l'inflation (1,6%).

La structure du patrimoine financier des ménages pris en compte s'est considérablement modifiée au cours des années. L'assurance vie, qui n'en représentait que 23 % en 1996, en constitue aujourd'hui le double : 46%. Cette progression s'est faite aux dépens de l'épargne bancaire (passée de 43% à 37%), mais aussi de l'investissement en actions cotées et obligations (qui ne représentent plus, respectivement, que 5% et 2% des encours). Soit les mêmes données que celles qui fondent le rapport Berger-Lefebvre.

 

Le rendement moyen de cette épargne, sur longue période, dissimule de fortes variations. Entre les années 1996 et 2000, l'indice a progressé de 30% (près de 6% en rythme annuel), mais de seulement 2,7% par an à partir de début 2001…Des écarts qui s'expliquent en partie par les variations des marchés financiers, mais qui pèsent finalement peu sur le long terme. Les revenus de l'épargne financière (intérêts ou dividendes) sont en effet 7,8 fois supérieurs à la somme des plus et moins-values de ces dix-sept dernières années…

Sur la même période, les actions n'ont pas à rougir de leur performance. Dividendes réinvestis, elles dégagent un rendement moyen (hors fiscalité) de 5,88 %. Certes, cette surperformance a un prix, cela s'appelle le risque, mais beaucoup sont prêts à l'assumer. C'est ce que les politiques ont le tort d'ignorer.

 

Aldo Sicurani - Frédéric Tixier


(1) Entreprises de taille intermédiaire

(2) Créé en 2011 à l'initiative de l'INSEAD et de l'OEE (Observatoire de l'Épargne Européenne)

 

 
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