Forte baisse des résultats 2012 du CAC 40 en trompe l'oeil
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Rubrique Marché - Magazine Inform@ctions n°53 - Avril 2013
Forte baisse des résultats 2012 du CAC 40… en trompe l’œil
Les bénéfices des sociétés du CAC 40 ont affiché un recul de 8 % l’an dernier. Derrière cette chute magistrale et inquiétante, un constat plutôt positif : une bonne résilience de la capacité bénéficiaire des grands groupes cotés à la Bourse de Paris. Après un exercice consacré au nettoyage de leurs comptes et de leur portefeuille d’activités, les valeurs vedette de l’indice semblent donc bien armées pour repartir à la conquêtes d’une croissance retrouvée de leurs résultats, dès cette année. Selon les analystes, cette tendance se poursuivra en 2014 avec pour conséquence des ratios de valorisation modérés.
La chute a été violente. En 2012, les bénéfices des quarante entreprises entrant dans la composition de l'indice phare de la Bourse de Paris accusent un sévère repli, de 28 %, à 52,3 milliards d'euros. Sans revenir à l'étiage de 44 milliards constaté en 2009, l'année noire suivant la crise ouverte par la crise des «subprimes » et la banqueroute de la banque Lehmann Brothers, on constate que l'essentiel du rebond engagé en 2010 et 2011 a été balayé par l'entrée en récession de l'Europe. La présence des grands groupes français sur les pays émergents n'a pas suffi à compenser le repli de ceux qui souffraient déjà lors des années précédentes et qui ont connu l'an dernier de nouvelles difficultés. À commencer par les banques. L'explication du recul de 13 milliards de la masse des profits du CAC 40 tient en effet essentiellement à quelques groupes déjà mal en point en 2011. C'est ainsi que Crédit Agricole a essuyé une perte de 6,5 milliards d'euros en 2012, soit 5 milliards de plus qu'en 2011. Arcelor Mittal a aussi perdu l'an dernier 2,9 milliards d'euros, alors que le sidérurgiste publiait un bénéfice de 1,7 milliard en 2011. Soit une dégringolade de 4,5 milliards. A peine plus faible, la baisse atteint 3,1 milliards pour l'opérateur télécom historique : le bénéfice de France Télécom a presque été divisé par cinq, en revenant à 820 millions d'euros en 2012. Globalement, l'évolution négative de ces trois seuls groupes - 12,6 milliards d'euros - explique, à elle seule, la presque totalité du recul des bénéfices du CAC 40 …

 

Les 10 plus fortes hausses de bénéfices
  Bénéfices 2012 (M€) Variation 2012 / 2011 (%)
Carrefour 1 233 232,35%
Solvay 591 139,08%
Safran 999 55,12%
Gemalto 208 28,38%
PPR 1269 27,03%
Alstom 923 26,04%

 

 

La mondialisation gagnante

 

Les 37 autres recrues de l'indice vedette n'ont pas pour autant fait du surplace. Si la croissance des bénéfices peut apparaître comme un luxe, ou plut t comme l'apanage du luxe, quand on regarde les résultats publiés par LVMH (3,4 milliards d'euros), en hausse de 11,7 %, ceux de PPR (1,05 milliard), en hausse de 6,3 %, ou ceux de L'Oréal (+ 17,6 %, à 2,9 milliards), c'est que ces acteurs occupent maintenant une position mondiale dont les principaux débouchés se trouvent justement en dehors du Vieux Continent.

A ce jeu de la mondialisation gagnante pour les sociétés françaises, ils ne sont heureusement pas seuls. Dans la catégorie des champions de la croissance des profits, on retrouve des groupes qui ont su trouver à l'international le ressort qui s'émoussait sur leurs bases européennes. Carrefour, avec un bénéfice de 1,2 milliard d'euros, enregistre une croissance de 232 %, même s'il est vrai que le distributeur doit cette performance à un effet de base, l'exercice 2011 ayant enregistré de lourdes pertes exceptionnelles. Il est suivi par la chimiste belge Solvay, la plus récente recrue du CAC 40 (après avoir absorbé Rhodia en 2011), qui voit ses profits progresser de 139 %, à 591 millions. Dans leur sillage, avec un positionnement sur des compétences spécifiques avec de fortes barrières à l'entrée et une importante exposition aux marchés étrangers, figurent des leaders mondiaux. On retrouve dans cette catégorie le champion européen de l'aéronautique, EADS (+ 19 %, à 1,23 milliard), l'équipementier Safran qui lui fournit, comme à Boeing, des moteurs d'avions,

avec un bénéfice de 1,3 milliard d'euros (+ 172 %). Enfin, les résultats de Gemalto (+ 25,6 %) et ceux d'Alstom (915 millions attendus pour son exercice clos à la fin mars contre 730 millions un an plus tôt) illustrent également la bonne fortune d'une internationalisation des débouchés.

 

Cette baisse historique des profits des valeurs du CAC 40 n'a donc rien de généralisé. La hausse de l'indice phare en 2012 (+ 15,2 %) ne s'est pas faîte à contre-courant du sens des bénéfices. D'autant que les dégradations sont souvent marquées par des éléments non récurrents, soldant parfois des problèmes auxquels les sociétés étaient confrontées depuis longtemps. Certains groupes ont  notamment dû réviser à la baisse la valeur d'entreprises acquises avant que la crise n'éclate. Leurs comptes révèlent aujourd'hui ce que les marchés avaient déjà acté. Au vu des recommandations des autorités qui les supervisent, et les tests de juste valeur rendus obligatoires par le référentiel comptable IFRS, cette mise à niveau était inéluctable.

 

D'autres entreprises, comme Lagardère Groupe, accusent en revanche une contraction préoccupante de leur résultat opérationnel : - 13,5 % l'an dernier. Celui de France Telecom a baissé de 25 % en deux ans, alors même que l'opérateur télécom ne voit pas de stabilisation intervenir sur ses marges avant 2014. Mais l'analyse de cet agrégat du compte de résultat montre lui aussi l'absence d'une tendance uniforme. Ainsi les baisses des bénéfices nets consolidés de Saint-Gobain (- 40 %) et de Lafarge (- 27,2 %) masquent en réalité une solide appréciation de leurs résultats opérationnels. Globalement, la baisse des résultats récurrents, hors effet de change, a été contenue à près de 2,5 %. Voici qui relativise l'effet d'annonce d'une chute apparente des bénéfices globaux publiés par les entreprises du CAC 40.

 

 

Un accueil favorable

 

Un constat de bon augure pour les prochains exercices. Tout comme l'annonce, par près de la moitié des sociétés, d'opérations de baisses de leurs coûts. Si, année électorale oblige, certaines restructuration ont été retardées, l'aternoiement a été rapidement rattrapé comme en témoigne la montée du chômage en France au cours des derniers mois de l'année écoulée. Les sociétés ont beau affronter la crise avec l'atout d'un faible endettement, certaines disposant même de liquidités record, elles n'hésitent pas à accroître encore leur marge de manœuvre en élaguant leurs activités les moins rentables. Sanofi a ainsi cédé sa branche dermatologie. Total s'est séparé de ses fertilisants pour gagner en réactivité.

La crise est visiblement propice au réaménagement des portefeuilles d'activités. Cette guerre de mouvement, en partie destinée à séduire les marchés financiers et à doper les cours de Bourse, annonce de nouvelles acquisitions dans des conditions d'autant meilleures que leur valorisation boursière sera élevée.

 

La Bourse a d'ailleurs, dans l'ensemble, bien accueilli la séquence des résultats, quoique l'épisode chypriote ait de nouveau fait vaciller les valeurs bancaires. Le marché éprouve pourtant un peu de mal, du moins à Paris, à valider les perspectives favorables contenues dans l'annonce de ces résultats, accompagnés d'une hausse moyenne de 5 % des dividendes versés. Malgré les anticipations très positives des analystes, certains stratèges, comme François Chevalier à la Banque Leonardo, doutent qu'un réel potentiel de hausse subsiste pour le CAC 40, même s'il exclut qu'une bulle se soit déjà reformée. Il fonde ses doutes sur des indicateurs d'activité avancés, tels le PMI des directeurs d'achats. L'indice composite de la zone euro est retombé en mars à 46,9, entraîné par celui la France. A 41,9, l'indice français est annonciateur de récession, un score inférieur à 45 marquant la conjoncture économique négative pour les prochains mois. Toutefois, les analystes financiers refusent de s'enfermer dans les indicateurs de l'économie domestique des sociétés européennes.

 

 

 

Selon le consensus de place publié par Factset, ils envisagent un très fort rebond des profits du CAC 40, de près de 40 % pour l'exercice 2013 ! Le travail de nettoyage des comptes ayant été accompli, ils escomptent une crois­sance des profits sans entrave. Les analyses n'anticipent d'ailleurs pas de hausses des chiffres d'affaires pour étayer leurs prévisions de bénéfices en 2013, et tablent sur une progression marginale d'activité l'année suivante. Selon le consensus Factset, le chiffre d'affaires global des 40 sociétés de l'indice de la place parisienne s'éroderait même de 2012 à 2013, passant de 1 285,5 à 1 276,9 milliards d'euros.

 

 

Les entreprises ayant annoncé une prévision de croissance de leurs ventes cette année ne sont d'ailleurs que 14. La reprise de 2014, toujours selon le consensus des analystes, serait tout aussi modeste, à 1 316,8 milliards. Ils estiment toutefois que les baisses d'activités attendues d Accor, d'Axa, de Bouygues, de Carrefour, de Saint-Gobain, de France Telecom, de GDF Suez et de Veolia s'effectueront en bon ordre, parallèlement à la croissance de leurs bénéfices nets. La croissance ralentirait donc en 2014, mais resterait robuste, autour de 12,5 %. De quoi anticiper un ratio cours/bénéfices (PER) 2014 de 10,3. Celui de 2013 retomberait déjà à 11,4 fois contre 13,8 sur la base des profits de 2012.

 

 

Le multiple de cash flow reviendrait, sur la base des résultats 2013, à 6,8 avant de s'établir à 6,3 pour ceux de 2014. Les entreprises du CAC 40, qui ont davan­tage accusé le coup que celles composant l'Eurostoxx 50, semblent promises à un rebond plus fort de leurs bénéfices. En effet, le PER de l'indice des cinquante premières valeurs européennes n'est que de 12,1 sur la base des résultats 2012 ; il baisse moins vite, à 11,1 pour les bénéfices 2013 et passe un multiple de 9,9 pour ceux de l'année suivante. A cette aune-là, les valeurs du CAC semblent promises à un certain rattrapage.

 

Christophe Tricaud

 

 
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