Chronique cinéma : les films d'avril
Créer votre espace | Mot de passe oublié ? Se connecter
 
Chronique Cinéma de Valérie BOAS
Les films d’avril : à la vie, à la mort
Avril au cinéma, c’est un peu le calme avant la tempête. La tempête, c’est le festival de Cannes, tourmente médiatique et juge de paix suprême qui sépare le bon grain de l’ivraie, adoube les chefs-d’œuvre et consacre les stars. En attendant, au milieu du bruit de fond venant des blockbusters, certains films d’avril proposent au spectateur une réflexion de fond sur l’existence, entourés d’acteurs hors pairs.

Prenez « la belle Endormie » de Marco Bellochio, par exemple. Cinéaste italien reconnu, il n'aime rien tant que de creuser le sillon des drames intimes qui ont bouleversé son pays (on lui doit notamment « Vincere » en 2009 sur la maîtresse inconnue de Mussolini). Avec ce nouvel opus, il revient sur une affaire qui a ému la péninsule en 2008. Une jeune femme, Eluana, est plongée dans le coma depuis 17 ans. Son père demande alors aux médecins d'arrêter de l'alimenter. La justice accepte, mais il faut une loi pour figer son accord. Le pays s'émeut. Un sénateur est tiraillé par le doute au moment de voter le texte, tandis que sa fille, militante pour la vie, vacille dans ses convictions. A l'autre bout du pays, une célèbre actrice refuse de se résigner alors que sa fille est dans la même situation qu'Eluana, et à Rome, à quelques pas de là, une jeune femme veut commettre l'irréparable. Un jeune médecin va l'en empêcher. Pour quoi ? Pour lui ou pour elle ? D'une très grande beauté formelle, le film de Bellochio est construit comme un tourbillon qui fait écho aux tourments des personnages. Brillamment interprété, le film exalte le fil ténu de la vie avec lyrisme et sensibilité. Sorti le 10 avril, le film est encore à l'affiche dans quelques salles  dans toute la France.

 

Ce n'est pas la mort, mais c'est sa menace qui rôde dans The Land of Hope du japonais Sion Sono. Film de fiction profondément ancré dans la réalité contemporaine, le film décrit les stratégies de survie des membres d'une même famille à la suite d'un tremblement de terre suivi d'une explosion nucléaire. La maison de la famille se trouve au milieu de la zone de démarcation arbitraire, absurde, mise en place par la police. Les parents décident de rester, les enfants fuient en tentant de se décontaminer. A travers ce thème dur et inhumain, l'inclassable Sion Sono signe un film beau comme un tableau, émouvant et mélancolique. Sans cynisme, il porte un regard tendre sur le peuple japonais, victime consentante des excès du nucléaire mais berné par des autorités qui se désintéressent de son sort. Les paysages de l'archipel, même les plus morbides, sont sublimés par le regard d'un cinéaste singulier, qui fait naître l'émotion sans forcer le trait. Il faut surmonter ses a priori pour aller voir ce beau film, sorti le 24 avril, mais on ne le regrette pas.

 

A l'opposé des japonais surpris par une catastrophe nucléaire, Dustin Hoffman, lui, sait bien qu'il aborde la dernière partie de sa vie. Si le Général de Gaulle hésitait à commencer, à 67 ans une  nouvelle carrière de (en l'occurrence celle de dictateur), l'acteur oscarisé de Kramer contre Kramer et Rainman n'hésite pas, lui, à 75 ans, à se lancer dans la réalisation. Pour ses débuts derrière la caméra, il choisit une pièce de théâtre anglaise, Quartet, dont l'action se situe dans une maison de retraite pour musiciens au cœur de la campagne anglaise. Menacés par la fermeture de l'institution pour cause de finances défaillantes, les pensionnaires décident de réagir, en faisant ce qu'ils savent faire de mieux : un concert. Au fil de la préparation, les vieilles rivalités renaissent, les sentiments aussi. Pour ses artistes au soir de leur vie, se réinventer est un cadeau et le plus beau pied de nez à la grande faucheuse. Et pour nous autres spectateurs, le film, sorti le 3 avril, est une jolie poire pour la soif en attendant le festival de Cannes et les films du mois de mai.

 

 

N'hésitez pas à visionner la bande annonce de ces films en cliquant sur l'image

 

 

La Belle Endormie
 
de Marco Bellochio,
Italie-France, 2012, 1h50.
 
Avec isabelle Huppert, Toni Servillo, Alba Rohrwacher
 

The Land of Hope

 

de Sion Sono,

Japon 2012, 2h13.

 

Avec Isao Natsuyagi, Jun Murakami

 

Quartet
 
de Dustin Hoffman
Etats-Unis 2012, 1h38.
 
Avec Maggie Smith, Tom Couretnay, Bill Connelly

 

LA BELLE ENDORMIE AFFICHE LAND OF HOPE AFFICHE QUARTET
Bande-annonce

 

Bande-annonce

Bande-annonce

 

 

 

 Valerie Boas est une professionnelle de la finance et une blogueuse cinéma. Retrouvez ses chroniques d'actualité sur son blog : http://theboboblog.wordpress.com

 

 
Mots clés
50 ans anniversaire WFI WFYI ACTIONS AMF ANALYSE FINANCIERE ASSEMBLEE GENERALE Actualités CAC 40 CAC40 CLIFF CLUB INVESTISSEMENT COMMUNIQUE DE PRESSE CROWDFUNDING CULTURE DEVELOPPEMENT DURABLE DIVIDENDES EDF ENTERNEXT EPARGNE EQUIPE ESG ESMA EUROPE FISCALITE Formation François Fillon GESTION DE PORTEFEUILLE GRAND EMPRUNT GRAPHIQUE HYDRAULIQUE INTERNET INTERVIEW INVESTIR ISF ISR Inform@ctions Magazine Ministre des Finances NEXT20 OAT OBLIGATIONS OCF OPA OPR PEA PEA PME PME PORTEFEUILLE POUVOIR Partenaire Presse Pédagogie REDACTION Rendez-vous Réunions d'actionnaires SUEZ ENVIRONNEMENT VALEURS MOYENNES VIVENDI WebTV Webzine actionnaire actionnaires actionnaires individuels analyse technique bonus bourse business angel certificat cinema clubiste finance guide investissement investisseur laskine lexique boursier opcvm partenaires presse financière produits derives quizz boursier retraite sociétés cotées économie