Films de mars : En mars, pas d'excuse pour ne pas aller au cinéma
Créer votre espace | Mot de passe oublié ? Se connecter
 
Chronique Cinéma de Valérie BOAS
Films de mars : En mars, pas d’excuse pour ne pas aller au cinéma
On appelle ça les hasards de la programmation. Quelquefois, les écrans de cinéma sont désespérément vides de nouveautés originales et intéressantes. D’autres, comme ce mercredi, ça se bouscule au portillon. Revue de détail.

Commençons par "Guerrière", de David Wnendt. Ce jeune cinéaste allemand propose un portrait brutal, sans concessions d'une jeune fille néo-nazie. Dans un village nuageux et terne d'Allemagne du Nord, Marisa est une adolescente dont la révolte intérieure trouve un écho dans le grégarisme alcoolisé des mouvements d'extrême droite. Raciste, violente, Marisa ? Ou simplement fragile et bouillonnante de colère ? La rencontre fortuite avec deux jeunes clandestins afghans mettra en tous cas ses convictions à l'épreuve. Sur un scénario habile et distancié, la jeune Alina Levshin, tatouée, rasée et butée, livre une formidable interprétation de son personnage à fleur de peau.

 

Autre jeunesse, autre ton, "La Cité Rose" de Julien Abraham prend lui aussi le contrepied des stéréotypes. La banlieue, on la découvre à travers Mitraillette, 12 ans, petit gavroche moderne de Seine-Saint-Denis qui pour rien au monde ne quitterait ni son quartier, ni sa cité, la "Cité Rose".  Entre son frère Djibril, étudiant en droit et son cousin Isma, en passe de se faire recruter par les dealers, la voie de son destin semble étroite. Pourtant, le seul rêve de Mitraillette, c'est de sortir avec Océane, la plus belle fille de la cité. Comédie d'apprentissage, colorée et gouailleuse, le film de Julien Abraham revendique une filiation avec "la Cité de Dieu", film brésilien-choc tourné dans une favela de Rio. Mêlant habilement humour et empathie sur un rythme endiablé "la Cité Rose" évite soigneusement la caricature, et mérite vraiment le détour pour sa vision juste et fraîche des cités et de leur jeunesse.

 

Beaucoup moins rigolo, pessimiste, mais plus dépaysant, "Los Salvajes" d'Alejandro Fadel suit un groupe de jeunes délinquants qui s'échappent d'un centre de correction juvénile au fin fond de l'Argentine. A peine sortis de l'adolescence, le groupe s'enfonce à l'aventure dans une nature de plus en plus hostile et peu à peu, se désagrège. Drogués, sans espoir ni projets, les jeunes gens dessinent progressivement une métaphore effrayante d'une société déracinée et déshumanisée. Alejandro Fadel, scénariste du réalisateur argentin Pablo Trapero se regarde parfois un peu trop filmer. Son film souffre d'un problème de rythme et d'une fin trop longue, mais il provoque et il vise juste.

 

L'autre film argentin de la semaine s'appelle "El Premio". Paula Markovitch, réalisatrice d'origine argentine  exilée au Mexique pendant la dictature militaire, signe un fil largement autobiographique. Une petite fille et sa mère se réfugient dans une maison au bord de la mer fuyant la grande ville et ses persécutions. Cécilia, la gamine, reconstruit doucement sa vie d'écolière jusqu'au jour où, inconsciente du danger, une rédaction à la gloire des militaires faillit la dénoncer. Dommage que le suspense n'accroche pas tout à fait l'attention car l'ambiance recréée par la réalisatrice a beaucoup de force–angoisse sourde, nature déchaînée, malaise sonore. Le film ne manque pourtant pas d'intérêt, grâce aux enfants acteurs et à un travail remarquable sur la photo et sur le son.

 

Mais pour un vrai dépaysement, il faut revenir en Europe. En Grèce, précisément. Le film le plus bizarre de la semaine est sans contestation possible "Alps" de Yorgos Lanthimos. Comment résumer cet étrange objet cinématographique ? Certainement pas par son argument, une société secrète qui se fait fort de remplacer les morts auprès de leurs proches, le temps qu'ils fassent leur deuil. Par son auteur, peut-être, dont le précédent Opus, Canine, est devenu culte dans son pays et au-delà. En tous cas, les fans de gymnastique rythmique et de dialogues étranges ne seront pas déçus. Les autres seront seulement très désorientés.

 

N'hésitez pas à visionner la bande annonce de ces films en cliquant sur l'image

 

 

Guerrière
 

de David Wnendt.

Allemagne, 2011. 1h40.

La Cité Rose

 

de Julien Abraham.

France 2011, 1h37.

 

Los Salvajes

 

de Alejandro Fadel.

Argentine, 2012, 1h59.

 

affiche guerriere AFFICHE LA CITE DES ROSES AFFICHE LOS SALVAJES
Bande-annonce

 

Bande-annonce

Bande-annonce

 

 

El Premio

 

de Paula Markovitch.

Mexique, France, Pologne, Argentine, 2011, 1h38.

Alps

 

de Yorgos Lanthimos.

Grèce, 2011, 1h33.

 AFFICHE EL PREMIO  AFFICHE ALPS  
Bande-annonce

 

Bande-annonce

 

 Valerie Boas est une professionnelle de la finance et une blogueuse cinéma. Retrouvez ses chroniques d'actualité sur son blog : http://theboboblog.wordpress.com

 

 
Mots clés
50 ans anniversaire WFI WFYI ACTIONS AMF ANALYSE FINANCIERE ASSEMBLEE GENERALE Actualités CAC 40 CAC40 CLIFF CLUB INVESTISSEMENT COMMUNIQUE DE PRESSE CROWDFUNDING CULTURE DEVELOPPEMENT DURABLE DIVIDENDES EDF ENTERNEXT EPARGNE EQUIPE ESG ESMA EUROPE FISCALITE Formation François Fillon GESTION DE PORTEFEUILLE GRAND EMPRUNT GRAPHIQUE HYDRAULIQUE INTERNET INTERVIEW INVESTIR ISF ISR Inform@ctions Magazine Ministre des Finances NEXT20 OAT OBLIGATIONS OCF OPA OPR PEA PEA PME PME PORTEFEUILLE POUVOIR Partenaire Presse Pédagogie REDACTION Rendez-vous Réunions d'actionnaires SUEZ ENVIRONNEMENT VALEURS MOYENNES VIVENDI WebTV Webzine actionnaire actionnaires actionnaires individuels analyse technique bonus bourse business angel certificat cinema clubiste finance guide investissement investisseur laskine lexique boursier opcvm partenaires presse financière produits derives quizz boursier retraite sociétés cotées économie