La responsabilité sociale des entreprises (RSE) en quelques mots. CAROLINE DE LA MARNIERRE
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Interview de Caroline de la Marnierre : la responsabilité sociale des entreprises, le baromètre de Capitalcom.
La RSE en quelques mots.
Agence de Conseil en Communication, Capitalcom a développé une approche unique de la Performance Intégrée qui se fonde sur des valeurs d'intégrité et qui inclut les performances financière et extra-financière au sein d’un même paradigme, dans l’objectif de stimuler l’innovation.

 

En matière de relations avec actionnaires, l'agence Capitalcom réalise chaque année – depuis sa création – un Baromètre sur les attentes des actionnaires à l'approche des Assemblées Générales et pilote le Grand Prix de l'Assemblée Générale, qui  vise à récompenser les Assemblées Générales les plus exemplaires.    Capitalcom accompagne également les grandes sociétés cotées dans leur communication avec les actionnaires individuels : réalisation d'enquêtes, conception, rédaction et réalisation d'outils de communication, stratégie de communication, etc. Pour en savoir plus, connectez-vous sur www.capitalcom.fr.

 

Pouvez-vous définir en quelques mots la responsabilité sociale des entreprises (RSE), quels domaines cela recouvre-t-il ?

De manière générale, la RSE désigne les réalisations des entreprises en matière sociale, environnementale et sociétale. Mais les enjeux vont bien au-delà d'une approche uniquement « responsable » vis-à-vis des parties prenantes : la RSE est désormais étroitement imbriquée aux modèles économique et financier des entreprises. Les Français placent ainsi la conception de nouvelles offres responsables quasiment au même plan que la maîtrise des impacts environnementaux et sociaux dans leur définition de la responsabilité sociale des entreprises, comme l'a récemment révélé l'Observatoire de la Performance Intégrée (Performances sociale, environnementale et financière), co-construit par 5 grands groupes (Air Liquide, AXA France, GDF SUEZ, Saint-Gobain, Société Générale) et piloté par Capitalcom.

 

Pourquoi avoir créé un Baromètre sur la responsabilité sociale des entreprises ?

En 2007, Capitalcom a lancé le premier Baromètre sur les pratiques de responsabilité sociale des groupes du CAC 40, orienté selon un angle d'approche totalement inédit, celui de l'intégration de la RSE au Business Model des entreprises.  Réalisé chaque année à partir de l'ensemble des documents d'information publiés par les groupes (documents de référence, rapports d'activité et de développement durable, communiqués financiers, supports présentés en Assemblée Générale, bilans sociaux, sites Internet..) sur la base d'une cinquantaine de critères, ce Baromètre nous permet de dégager les grandes tendances au sein de l'indice phare mais également d'identifier les  « best practices » émergentes. L'analyse de l'évolution des pratiques sur 5 ans signe clairement le basculement vers un nouveau paradigme, celui d'une RSE désormais « stratégique » pour les grandes entreprises françaises.

 

Comment se traduit l'application de la RSE dans les entreprises ? Cet élément est-il aujourd'hui pris en compte dans la gestion des entreprises du CAC 40 et si oui sous quelle forme ?

Au niveau du CAC 40, notre dernier Baromètre révèle une évolution particulièrement significative des modes de management, qui - depuis 5 ans - associent de plus en plus étroitement la RSE au pilotage stratégique. Sur la période, le nombre de groupes qui indexent la rémunération variable de leurs dirigeants sur des critères RSE a doublé et le nombre de comités RSE au sein des Conseils d'Administration a triplé. Certains groupes vont même jusqu'à fusionner les Directions en charge de la Stratégie et de la Responsabilité Sociale - comme c'est le cas chez GDF SUEZ et Air Liquide. Notons également qu'1 Directeur du Développement Durable du CAC 40 sur 4 fait désormais partie du top management, alors que la fonction est encore très récente. 

 

Votre baromètre analyse les sociétés du CAC40, mais les valeurs moyennes sont-elles également concernées ?

Le positionnement initial du Baromètre de Capitalcom, tel qu'évoqué précédemment, était   extrêmement novateur et exigeant lors de sa création. De ce fait, nous nous sommes concentrés sur le périmètre des sociétés du CAC 40, alors plus avancées de manière générale. La visibilité de l'indice nous permet de répondre à un objectif clair, celui de mettre en lumière les bonnes pratiques des entreprises les plus suivies, afin d'enclencher un effet d'entraînement sur la place et de favoriser leur diffusion dans le plus grand nombre de sociétés. Aujourd'hui, toutes les entreprises sont concernées par les enjeux de responsabilité   sociale. Au niveau des PME, le mouvement est en marche même si la structuration des démarches RSE est peut-être plus embryonnaire. La loi les y incite néanmoins de plus en plus fortement, comme en témoigne le décret d'application de l'article 225 du Grenelle 2 qui prévoit l'extension des obligations de transparence en matière sociale, environnementale et sociétale à d'autres entreprises que les seules sociétés cotées.

 

En période de crise économique, pensez-vous que les entreprises soient toujours aussi attentives à la RSE ?

Contrairement aux a priori, le contexte de crise n'a absolument pas relégué la RSE au second plan. A l'inverse, il semble même qu'elle en sorte renforcée et transformée, car elle est désormais étroitement imbriquée aux enjeux stratégiques des entreprises. C'est le signe de la nouvelle équation avec laquelle les entreprises vont devoir composer au cours des prochaines années : combiner rigueur budgétaire, responsabilité sociale et croissance économique/financière. A cet égard, l'opinion publique fait déjà preuve d'une « maturité intuitive », puisque 7 Français sur 10 considèrent que la RSE est parfaitement compatible avec la performance économique et financière des entreprises.

 

 

 

Est-il possible pour une entreprise de chiffrer ses efforts en matière de RSE ou l'évaluation reste-t-elle purement virtuelle ?

On assiste aujourd'hui à une structuration croissante des démarches RSE des entreprises, de plus en plus chiffrées et alignées sur les pratiques financières. L'identification d'objectifs chiffrés extra-financiers sur le moyen/long terme est une pratique largement implémentée au niveau du CAC 40, puisque plus des 3/4 des entreprises publient des objectifs de cette nature. On compte en moyenne 10 objectifs chiffrés par société, contre 9 l'an dernier, qui concernent les différents domaines de responsabilité. Certains groupes considèrent même la RSE comme un levier de croissance à part entière,  à l'instar d'Air Liquide, Alstom, Bouygues, Renault, Saint-Gobain ou Schneider Electric… qui communiquent sur leur part de chiffre d'affaires issue d'offres responsables.

 

Y-a-t-il une relation directe entre le nombre d'actionnaires salariés d'une entreprise et sa sensibilité à la problématique RSE ? 

S'il est difficile d'établir un lien de causalité direct entre l'engagement RSE d'une entreprise et son  taux d'actionnariat salarié, ce dernier est un symbole fort de l'intégration des enjeux de responsabilité sociale, de performance et de gouvernance au sein de l'entreprise. Il apparaît comme un outil de cohésion sociale et un moyen de motiver les collaborateurs, en les associant au projet d'entreprise dans une perspective de long terme. Au niveau du CAC 40, l'actionnariat salarié continue de progresser - avec près de 5% en moyenne du capital des entreprises détenu par les salariés. On  dénombre déjà une quarantaine d'administrateurs représentant les salariés ou les salariés actionnaires, siégeant dans 16 Conseils d'Administration. Cette intégration des salariés à la gouvernance devrait d'ailleurs se renforcer sous l'impulsion du gouvernement qui souhaite, dans le cadre du Pacte de compétitivité, assurer la présence d'au moins 2 représentants des salariés dans les Conseils d'Administration.  

 

La communication sur la RSE est-elle aujourd'hui suffisante ? À quelle occasion les entreprises communiquent-elles sur ce sujet ?

L'Observatoire de la Performance Intégrée a révélé que 84% des Français souhaitent que les entreprises communiquent davantage sur leurs réalisations en matière de RSE. Les répondants n'en font pas pour autant un enjeu d'image : la réputation de l'entreprise  est reléguée au  dernier  rang des bénéfices et  des risques de la démarche. L'heure n'est plus au green ou au social washing. La structuration des démarches RSE des entreprises et leur alignement sur les pratiques financières, évoqués plus tôt, se traduisent également dans la communication, puisque  la RSE s'invite désormais aux temps forts de la communication financière. Près d'un quart des sociétés du CAC 40 communiquent par exemple des informations extra-financières lors de leurs résultats financiers annuels et / ou semestriels.

 

Pensez-vous que les actionnaires individuels soient sensibles à la prise en compte de leur responsabilité sociale par les entreprises ?

Passé l'« effet de mode », la responsabilité sociale devient progressivement un levier de compétitivité à part entière pour les entreprises, ancré dans leur Business Model. A ce titre, la RSE a toutes les raisons de figurer au rang des préoccupations des actionnaires. Les enjeux sociaux et environnementaux ont ainsi occupé une place importante dans les débats lors de la saison 2012 des Assemblées Générales. Un Groupe du CAC 40 sur deux a d'ailleurs fait le choix de présenter sa politique RSE comme l'une des composantes majeures de sa stratégie de croissance.

 

 

A noter que les entreprises répondent de plus en plus aux attentes de leurs actionnaires en matière de RSE, en leur fournissant davantage d'informations sur cette thématique, en Assemblée Générale bien sûr, mais aussi dans le cadre des clubs d'actionnaires – GDF SUEZ propose ainsi une rubrique complète dédiée au Développement Durable dans son e-club des actionnaires – ou dans les lettres actionnaires, comme c'est par exemple le cas chez L'Oréal ou Lafarge.

 

Propos recueillis par le F2iC en janvier 2013. 

 

En savoir plus sur le Baromètre RSE

Pour lire le communiqué sur le Baromètre sur la responsabilité sociale des entreprises, cliquez ici
 
 

 

 
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