Quand Draghi drogue les marchés Chronique d?Eric Dadier
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Chronique d’Eric Dadier
Quand Draghi drogue les marchés.
Simple répit ou médication décisive, les investisseurs demeurent circonspects face aux annonces estivales du président de la BCE. Certes, les marchés ont repris du souffle mais les volumes restent contraints et tout retournement brutal possible tant qu’on ne se sera pas attaqué de façon convaincante à la racine du mal.

Bravo et merci, Super Mario ! Les marchés financiers doivent une fière chandelle au président de la Banque centrale européenne qui se sera beaucoup démené tout au long de l'été pour tenter, non sans succès, de redonner confiance aux investisseurs. Il était temps. Car, empêtrés dans leurs contradictions et leurs atermoiements, maniant trop souvent la langue de bois à l‘occasion de réunions au sommet à répétition mais fort peu productives, les responsables politiques européens ne pouvaient être d'un grand secours pour convaincre les milieux économiques et financiers de retrouver foi en l'avenir. Le mal étant dans les têtes, c'est sur le terrain de la psychologie que Mario Draghi a d'abord concentré ses efforts en tenant des propos rassurants sur le sort de la monnaie unique européenne. « L'euro est irréversible » a-t-il déclaré avec force en ajoutant que tout serait mis en œuvre pour éviter la faillite des pays en difficultés. Paroles en l'air difficilement compatibles notamment avec la situation inextricable de la Grèce, toujours proche de la sortie de la sortie de la sortie de la zone euro ? Joignant le geste à la parole, le patron de la BCE n'a pas tardé à dévoiler un plan d'action destiné à démontrer sa détermination à faire face à la crise en affichant une puissance de feu maximale à la fois pour décourager les spéculateurs de continuer à « jouer » l'éclatement de la zone et pour inciter les investisseurs à ne plus fuir comme la peste les titres de dettes souveraines depuis longtemps considérés par leurs détenteurs comme un gigantesque gisement de créances plus que douteuses, voire irrécupérables.

 

Drogue euphorisante

En faisant savoir qu'elle était prête à racheter en quantité illimitée sur le marché secondaire tout ce fatras de papier à échéance de trois ans ou moins qui brûlait les doigts de ceux qui en possédaient encore, la Banque centrale européenne a fait d'une pierre deux coups : donner l'assurance qu'il n'y aurait plus de dérobade de la contrepartie face aux vendeurs et soulager les créanciers obligés tels que les banques en sécurisant leurs placements sans avoir à procéder à de nouvelles dépréciations ou, si besoin, en leur donnant la possibilité d'alléger leurs bilans en facilitant leur sortie dans de meilleures conditions. Le résultat recherché ne s'est pas fait attendre : les taux d'emprunts espagnols et italiens qui étaient devenus prohibitifs et donc asphyxiants se sont détendus grâce au meilleur équilibre entre l'offre et la demande et même au retour à l'achat de certains fonds d'investissement toujours en quête d'aubaines. Dans le sillage de la BCE, les autres grandes banques centrales comme la Réserve fédérale américaine, la Banque du Japon et la Banque d'Angleterre, n'ont pas tardé à mettre en place des mesures à peu près similaires en prolongeant ou en amplifiant leurs politiques d'assouplissement monétaire pour soutenir massivement leurs économies respectives, quasiment toutes en mal de croissance voire d'ores et déjà en récession. La drogue inoculée par les instituts d'émission n'a certes pas manqué d'exercer des effets euphorisants sur les marchés financiers mais elle n'a pas remédié au mal qui ronge les pays en difficulté. Alléger leur charge d'intérêts est une chose, briser le mur de la dette auquel ils doivent faire face et qui ne cesse de s'élever en est une autre.

 


S'attaquer à la racine du mal

Car les problèmes de fond sont loin d‘être réglés. Les pays qui ont compris la nécessité d'engager des réformes structurelles et notamment de réduire leurs dépenses publiques sont confrontés à une grave crise économique et sociale tandis que ceux qui, comme la France, tergiversent en osant croire au miracle, prennent l'énorme risque d'être à leur tour dans le collimateur des marchés, faute d'avoir le courage d'attaquer le mal à la racine. Où donc ont-ils appris qu'un matraquage fiscal et la « chasse aux riches » garantissaient le redressement, le retour à la croissance, le soutien à la consommation, l'amélioration de la compétitivité et la reprise de l'investissement ?

La potion magique de Mario Draghi a, elle-même, ses limites mais aussi ses effets pervers. D'abord parce que la promesse d'achats massifs de titres de dettes souveraines est assortie d'une condition essentielle : les États en difficulté doivent officiellement appeler à l'aide européenne et donc accepter de passer sous les fourches caudines de la BCE, du FMI et de Bruxelles pour bénéficier d‘un plan de sauvetage financier. Une atteinte à la souveraineté nationale que l'Espagne a bien du mal à concéder. En attendant, déficits et dettes publiques continuent de galoper…

Ensuite, l'engagement de la BCE comporte le danger de faire gonfler démesurément son propre bilan, de la transformer en faux-monnayeur et, partant, de créer à terme une poussée inflationniste incontrôlable. Le meilleur moyen, il est vrai, mais guère glorieux, d'alléger le poids de la dette sans résoudre les problèmes structurels. On comprend que l'Allemagne ne cautionne que du bout des lèvres ce plan d'action à double tranchant. On comprend aussi que les effets positifs de la drogue Draghi sur les marchés financiers ne puissent longtemps entretenir l‘illusion que le mal dont souffre la zone euro est soigné.

  

L'Europe veut remettre de l'ordre sur les marchés

L'intention de l'Union européenne est de corriger les effets pervers de la première directive MIF dont les zones d'ombre avaient permis à de nombreux acteurs et pratiques de se développer en dehors de tout cadre réglementaire. Sont particulièrement visés les échanges hors marché qui prospèrent en toute opacité, le trading haute fréquence qui permet d'envoyer des milliers d'ordres en moins d'une seconde, la spéculation sur les matières premières et les lacunes dans la protection du consommateur.

Le dossier est horriblement compliqué et les régulateurs avancent sur des œufs dans la crainte de nouveaux effets pervers. Ainsi, la création de nouvelles plateformes moins réglementées (OTF), qui traiteraient les échanges hors marché, risquent de siphonner les transactions sur actions. D'où la nécessité de sévères garde-fous. Le processus législatif devrait durer encore plusieurs mois. Une publication définitive des textes devrait intervenir au 3ème voire 4ème trimestre 2013 avec, par conséquent, une transposition de la Directive dans les États membres fin 2015.sur les marchés

 

 

 

 

 
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