Bourse des PME : Toutes les conditions sont réunies . Fabrice DEMARIGNY FINANCEMENT PME TPE VALEURS MOYENNES
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Interview de Fabrice Demarigny - novembre 2012
Bourse des PME : Toutes les conditions sont réunies .
Alors que les PME-ETI ont le plus fort potentiel de croissance et sont les plus créatrices d’emplois, elles font face à des besoins de financement pressants. Fabrice Demarigny, président du comité d’orientation stratégique mis en place par NYSE Euronext pour la création de la « Bourse de l’Entreprise », nous explique pourquoi elles ont besoin d’un accès simple et sur mesure aux marchés des capitaux et comment y répondre.

Pourquoi créer une nouvelle Bourse destinée aux valeurs moyennes ?

Fabrice Demarigny - La crise financière a rendu considérablement plus difficile le financement des PME qui n'ont pas accès aux marchés internationaux des capitaux. Nous nous sommes rendu compte dans les travaux du comité d'orientation stratégique pour la création de la « Bourse de l'Entreprise », qui ont rassemblé des dirigeants d'entreprise, des intermédiaires, des investisseurs, des banquiers et des représentants de NYSE Euronext, du caractère durable de la désaffection de l'ensemble de la communauté financière à leur égard parallèlement à un éloignement de la Bourse pour les entrepreneurs. La situation actuelle n'est pas seulement conjoncturelle. Elle appelle une réponse structurelle pour assurer un financement harmonieux de ces entreprises qui sont celles qui créent de l'emploi et dont le potentiel de croissance est le plus riche.

 

La « Bourse de l'Entreprise » c'est quoi ?

FD - Entrer en Bourse pour une entreprise relève de la responsabilité de ses actionnaires et de ses dirigeants. Ils doivent être loyaux et respecter les règles à même d'entretenir la confiance des investisseurs. Mais l'entreprise ne doit pas être la seule à savoir s'adapter. Les Bourses aussi doivent maintenant être capables d'accueillir en leur sein des entreprises de taille plus modeste que les stars du CAC 40. Pour simplifier, le renforcement de la réglementation des marchés financiers et leur sophistication (le trading à haute fréquence !) ont conduit trop de chefs d'entreprises moyennes à ne plus se sentir à l'aise sur les marchés, à considérer que le jeu n'en valait plus la chandelle et que le coût de la cotation de leur titre était devenu exorbitant au regard des ressources qu'elle leur offrait. La Bourse de l'Entreprise va naître sur le constat que c'est aux Bourses de s'adapter aux besoins de ces sociétés qui sont différents de ceux des grands groupes internationaux. Nous allons redessiner l'outil en fonction de ces besoins. Aujourd'hui toutes les grandes places sont structurées par différentes réglementations. Nous allons au contraire structurer l'offre par la réponse aux besoins que nous ressentons de la part des petites et moyennes entreprises (PME) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Nous ne nous arrêterons pas aux seuls besoins exprimés par ces sociétés. La Bourse de l'Entreprise doit également s'interroger sur la désertion des intermédiaires sur valeurs moyennes et le détournement des investisseurs à leur égard et recréer les conditions satisfaisantes pour favoriser leur retour sur ces valeurs.

 

Comment comptez-vous parvenir à mobiliser tout le monde ?

FD - Il faut revoir les « business model » de chacune de ces catégories nécessaires au succès d'une Bourse dédiée aux PME-ETI pour que tous retrouvent une activité rentable. Les leviers relèvent de différents ordres. Il nous faudra agir sur le terrain de la réglementation et de la fiscalité. Le succès de la Bourse de l'Entreprise passe aussi par une tarification incitative tournée vers le développement du marché primaire (entrée en Bourse, émission de titres…) et permettant de favoriser le rééquilibrage de sa rentabilité. Il existe une marge pour baisser le coût de la présence en Bourse de ces sociétés tout en assurant une rémunération acceptable des autres membres essentiels de cet écosystème que sont les intermédiaires et la Bourse elle-même.

 

Pensez-vous que le régulateur boursier soit prêt à accepter une adaptation du cadre réglementaire ?

FD - Gérard Rameix qui vient d'être nommé président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) a pu, lorsqu'il était médiateur du crédit, puis quand il a rédigé le rapport sur le financement des PME, prendre toute la dimension du problème. Mais si des allègements sont souhaitables par rapport aux exigences imposées aux grands groupes cotés, il importe également de parvenir à une stabilité du cadre réglementaire sans que ne joue sans cesse des effets de cliquet en imposant à tout le monde des obligations qui sont d'abord exigées des grandes valeurs. Les dirigeants des PME-ETI ont horreur de cette instabilité réglementaire. Pour ceux qui ne font pas ou peu appel au marché, au-delà de leur levée de fonds initiale, les contraintes de leur présence en Bourse peuvent paraître disproportionnées.

 

Sur quel vivier d'entreprises, la Bourse de l'Entreprise va-t-elle prospérer ?

FD - L'une des conditions du succès est d'arriver à une taille critique dès le départ avec un nombre très significatif de sociétés cotées. Il faut en effet disposer d'une activité suffisante pour que tous les acteurs de cet écosystème puissent développer harmonieusement leurs activités sur celui-ci. C'est pourquoi il apparaît souhaitable que ses premières recrues soient constituées par l'ensemble des valeurs déjà cotées sur les compartiments B et C de NYSE Euronext et NYSE Alternext. Par la suite, les candidats devront respecter la définition des ETI, à savoir les sociétés de moins de 500 salariés, dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas le milliard d'euros ou disposant d'un total de bilan inférieur à 2 milliards. Dès sa conception, la Bourse de l'Entreprise poursuit une vocation européenne tout en respectant, bien sûr, le modèle fédéral de NYSE Euronext en Europe. Elle rassemblera pour commencer toutes les composantes européennes de NYSE Euronext, ouvrant son marché en France, en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal avec l'objectif de s'étendre ensuite à l'ensemble de l'Union européenne. Cette dimension multinationale à l'intérieur de l'Union ne pose aujourd'hui plus de problèmes techniques ou juridiques. Tout est affaire de volonté. L'Europe, on la subit ou on la saisit, nous préférons la deuxième voie !

 

Vous faîtes donc coexister deux marchés de nature différente, un marché réglementé et un marché simplement régulé comme l'est actuellement Alternext ?

FD - Oui, et cela va dans le sens de la nécessaire acclimatation des entreprises décidant de se faire coter en Bourse. Par le passé, des erreurs ont été commises. Des « investors sponsors » n'ont pas pleinement accompli leur mission délaissant certaines sociétés après les avoir accompagnées lors de leur introduction en Bourse. Il est prévu de créer un « marché d'acclimatation » permettant de programmer une cotation sur la Bourse de l'Entreprise dans un délai de trois ans. Parallèlement, sera créé un compartiment obligataire destiné à prendre le relais de certains financements bancaires au moment où les nouvelles contraintes prudentielles qui visent les banques (référentiel comptable dit de Bâle III) entravent leur distribution de crédits aux PME. Par ailleurs, il faut organiser une respiration pour faciliter les transferts entre la cote officielle de NYSE Euronext et celle de cette filiale dédiée aux PME-ETI, dans un sens comme dans l'autre.

 

De quels renforts a le plus besoin cet écosystème vertueux que veut recréer la Bourse de l'Entreprise ?

FD - Chacun des acteurs de ce marché doit pouvoir jouer pleinement sa partition. Cette Bourse requiert une relation forte entre les sociétés et l'entreprise de marché qui devra offrir une gamme de services adaptée aux besoins des PME-ETI. Il convient de revitaliser la proximité de ce marché avec les entre¬prises, notamment par un approfondissement de la dimension régionale des liens entre les sociétés et l'ensemble des acteurs. Par ailleurs la création d'une plan d'épargne en actions (PEA) spécifique aux PME que nous a laissé entrevoir le président de la République dans sa dernière intervention télévisée constituerait un formidable accélérateur (voir encadré). Mais la consultation de place que nous venons d'achever montre que tous les acteurs de cet écosystème sont prêt à se mobiliser et à s'associer à la gouvernance de cette filiale dédiée de NYSE Euronext qui se veut ouverte à tous, et pourquoi pas aux actionnaires individuels. Ils nous pressent de mettre en œuvre sans tarder cette nouvelle Bourse. Tous les éléments sont là pour que la mayonnaise prenne.

 

 

Vous prônez une fiscalité adaptée à l'enjeu et, en particulier un PEA PME. À quoi pensez-vous exactement ?

 

FD - Rien n'est fixé et plusieurs options sont possibles comme la création d'un PEA dédié aux PME-ETI offrant une meilleure fiscalité aux investisseurs individuels qui s'ajouterait au Plan existant. Ou tout simplement la création d'une poche PME-ETI au sein du PEA en portant le plafond à 300 000 € pour un particulier et par part. L'objectif est de doter les PME d'un outil comparable à l'Enterprise Investment Scheme britannique qui fixe le plafond à un million de livres par part avec une durée de détention de trois ans. L'amélioration de la liquidité par la fiscalité est également envisageable si l'on ramène de cinq ans à trois ans l'obligation de détention dans les PEA. Je constate avec satisfaction que le Président de la République a, lors d'une occasion récente, évoqué cette idée. Reste à en préciser les contours. C'est là que les investisseurs individuels et leurs associations représentatives doivent agir.

 

Propos recueillis par Christophe Tricaud et Aldo Sicurani

 

 
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