F2IC Fédération des Investisseurs Individuels et des Clubs d'investissement
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Entretien avec Dominique Leblanc
« La FFCI peut et doit désormais apparaître comme une instance représentative de tous les actionnaires individuels… »
Alors que l’incertitude pèse sur les marchés, et que la pression fiscale s’accroît sur les revenus du patrimoine, quel avenir pour l’actionnariat individuel en France ? Dominique Leblanc, président de la FFCI, analyse le problème de la représentativité de cette catégorie d’épargnants, propose des mesures concrètes pour en améliorer le statut et explique les raisons de la transformation de votre fédération.

Pouvez-vous nous rappeler le rôle et les missions actuelles de la FFCI ?

 

Dominique Leblanc – La Fédération Française des Clubs d'Investissement, qui existe sous sa dénomination actuelle depuis 2000, a été créée en 1969. A l'origine Association Nationale des Clubs d'Investissement (ANCI), elle a aujourd'hui deux missions principales: une mission de service d'intérêt général, celle de susciter la création, de soutenir, d'informer et de conseiller les clubs d'investissement ; et une activité de production de services (organisation de réunion d'actionnaires et d'outils de mise en relation entre actionnaires et entreprises). Sa mission d'intérêt général lui a déjà permis d'aider plus de 2 millions d'épargnants français à se familiariser avec la Bourse, les marchés financiers et la gestion de portefeuille. Aujourd'hui, la FFCI, au travers de près de 10 000 clubs d'investissement, représente indirectement plus de 100 000 actionnaires individuels actifs.

 

Précisément, le nombre d'actionnaires individuels a très fortement diminué ces deux dernières années (perte de près de 2 millions d'actionnaires directs). Que vous inspire ce constat ? S'agit-il d'une tendance lourde conduisant à la marginalisation de l'actionnariat individuel en France ?

 

DL – Cette diminution du nombre d'actionnaires individuels est bien évidemment très regrettable, notamment pour ceux qui, comme moi, croient aux vertus de l'actionnariat direct. Je considère toutefois qu'elle s'explique, pour l'essentiel, par des effets conjoncturels. On sait d'expérience que le nombre d'actionnaires est étroitement corrélé à la santé des marchés financiers. Or, inutile de rappeler que ces deux dernières années n'ont guère été brillantes pour les bourses, européennes. D'autres facteurs, tels que l'alourdissement de la fiscalité, ont également pesé sur l'appétence en placements boursiers. Je reste toutefois persuadé que, tant du côté de l'entreprise que des particuliers, les vertus du « lien direct » seront redécouvertes et encouragées, comme on le constate déjà sur l'investissement obligataire, qui fait un retour en force auprès des épargnants. L'actionnariat direct, même s'il coûte plus cher aux entreprises cotées que l'actionnariat dit institutionnel, est un facteur de stabilité et une composante essentielle de l'actionnariat d'une société.

 

L'actionnariat individuel, en France, est-il suffisamment défendu, ou tout simplement suffisamment promu ?

 

DL– La France n'est pas, historiquement, une terre d'accueil pour l'actionnariat individuel. Notre culture est, sur ce point, très différente de la culture anglo-saxonne où le statut et l'image de marque de l'actionnaire sont nettement plus valorisés.  Il y a eu certaines périodes –fugaces…-  où l'actionnaire a pu bénéficier d'un regain d'intérêt et de considération, soit de la part des autorités publiques (dans les années 70, avec la mise en place du régime Monory, notamment), soit de la part des entreprises (durant la période des privatisations, à la fin des années 80), soit de la part des médias (lors de la bulle internet du début des années 2000).  Mais il est  patent que l'épargne longue, au sens large, l'épargne en actions, en particulier, sont bien moins « traitées » en France qu'il y a une dizaine d'années. Cette situation résulte d'un certain nombre de facteurs, parmi lesquels figure sans doute une certaine carence en termes de représentativité ou de visibilité.

 

Que rôle doit, ou devrait jouer la FFCI dans ce domaine ?

 

DL – Nous pensons que la FFCI peut et doit désormais apparaître comme une instance représentative de tous les actionnaires individuels. Comme je l'indiquais précédemment, elle fédère déjà, indirectement, plus de 100 000 actionnaires individuels. Et les missions de soutien et de promotion des clubs d'investissement qu'elle assume depuis plusieurs années lui ont permis d'acquérir une crédibilité indiscutable auprès de toutes les parties prenantes à la problématique actionnariale, y compris politiques. J'ajoute que les questions qui interpellent les membres des clubs et les actionnaires sont identiques : désir d'information et de pédagogie, dialogue constructif avec les entreprises et les autorités de tutelle, aides à la décision, développement communautaire, …

La FCCI est donc parfaitement légitime à représenter les actionnaires individuels, tant auprès des entreprises – qui voient déjà en elle un émissaire pertinent auprès de leurs propres actionnaires - que des autorités de place (AMF) et de marché (NYSE Euronext), ou que des médias financiers, dont elle est souvent partenaire. Cet élargissement de compétences ne représente donc, selon nous, que la transcription « statutaire » d'une réalité objective que sa transformation en Fédération des investisseurs individuels et des clubs d'investissement (FIIC) sanctionne.

 

Quels sont précisément les objectifs de cette nouvelle FIIC, en tant que Fédération de tous les actionnaires individuels ?

 

DL – Nous envisageons le rôle de la Fédération comme celui d'un syndicat responsable et représentatif des actionnaires individuels. Notre démarche est avant tout constructive, collaborative et collective : nous n'avons pas vocation, sauf exception, à défendre des intérêts individuels. C'est la raison pour laquelle nous considérons que la FIIC doit apparaître comme une « maison de l'actionnariat », porteuse de réflexions et de thématiques destinées à améliorer la condition, le statut, et la représentativité des actionnaires en France. Parmi les sujets que nous souhaitons voir aborder figurent celui que nous avons déjà évoqué : plus de soutien pour l'épargne longue, et notamment celle investie en actions…

 

Concrètement, que signifient ces changements, et quels moyens allez-vous consacrer à cette nouvelle mission ?

 

DL – Nous allons permettre aux actionnaires individuels d'adhérer directement à la FIIC, et non plus seulement au travers un club d'investissement. Cette adhésion sera gratuite : elle nous permettra simplement d'officialiser notre représentativité. Parallèlement, nous allons continuer à mener des actions envers nos principaux partenaires (Autorités de place, presse patrimoniale, sociétés cotées,…) afin de nous assurer de leur soutien. Enfin, nous allons repositionner et renforcer les moyens dédiés à notre communication, par la création ou l'amélioration de nos propres outils (magazine, newsletter, site web,…), mais également par l'intensification de nos actions auprès des médias.

 

Quel message souhaitez-vous faire passer plus particulièrement, et à qui ?

 

DL – Aux actionnaires individuels, évidemment. Et le message est simple : adhérez !

 

Propos recueillis par Frédéric Tixier et Christophe Tricaud le 20 mars 2012

 

 
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