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Le témoignage d'Eric Dadier
Plus de deux actionnaires français sur trois n'effectuent aucune intervention en Bourse dans l'année. De mauvaises raisons fiscales sont la cause essentielle de cette passivité nuisible à la rentabilité de leurs placements boursiers.
Le témoignage d'Eric Dadier, Administrateur de la F2iC, Président de l'Institut de l'épargne immobilière et foncière (IEIF).
 
Inutile de rêver : personne ne peut prétendre réussir en Bourse à acheter au plus bas et à vendre au plus haut avec une régularité de métronome et un sens de l'anticipation hors du commun. La réalité est évidemment beaucoup moins simple. Par bonheur, des études savantes démontrent que, à partir du postulat selon lequel les performances des placements sont fonction de la durée de leur détention, les actions font mieux sur le long terme que les obligations et les produits monétaires. De quoi donner raison aux investisseurs particuliers les plus passifs, ceux dont les portefeuilles demeurent figés quelles que soient la fréquence et l'ampleur des soubresauts des marchés financiers. S'il est vrai que la patience et la sagesse sont deux vertus essentielles très souvent payantes, encore faut-il avoir fait préalablement de bons choix capables de résister au temps. Et ne pas s'entêter sur de mauvais placements.
 
Il va de soi que les actionnaires individuels qui détiennent depuis très longtemps des titres de grande qualité comme L'Oréal, Sanofi-aventis, Total, LVMH ou Air Liquide ont tout lieu d'être satisfaits de leurs investissements en voyant leur fidélité largement récompensée. On ne peut en dire autant de ceux qui, aujourd'hui encore, traînent comme des boulets leurs Eurodisney, Eurotunnel et autres Infogrames ou même Thomson, faute d'avoir su s'en débarrasser à temps. Peut-être gardent-ils l'espoir d'un hypothétique redressement, à l'image de celui amorcé par Rhodia, Scor ou Alstom.
 
 
 
ALSTOM DEPUIS SEPTEMBRE 1998 TOTAL DE JUIN 1999 A MAI 2003
 
 
Si l'immobilisme sur la plupart des blue chips détenues en portefeuille se révèle généralement efficace sur le long terme, la difficulté est de s'entendre sur la durée de détention nécessaire pour être assuré de bien rentabiliser un investissement. Car la date d'achat est loin d'être anodine. Les particuliers qui ont acquis en 2000 des titres L'Oréal ou LVMH peuvent ainsi constater, sept ans après, qu'ils n'ont pas fait une bonne affaire à la différence de ceux qui s'y sont intéressés trois ou quatre ans plus tard...
 
L'OREAL DE JANVIER 2000 A MARS 2007
 
Les effets de mode et les bulles boursières peuvent en outre avoir des conséquences désastreuses que même le temps a du mal à effacer: il suffit de mesurer l'énormité des pertes subies sur Alcatel, France Télécom ou Vivendi depuis leurs meilleurs niveaux, il est vrai aberrants, d'il y a sept ans. A tel point que, sur dix ans, les performances réelles de ces trois ex-valeurs phare de la cote parisienne toujours largement répandues dans les portefeuilles ordinaires et les PEA sont aujourd'hui encore négatives.
 
La passivité ou l'absence de réactivité des actionnaires les plus fidèles en affaires peuvent donc leur jouer de très mauvais tours. Sans avoir à se transformer en opérateurs à court terme, encore moins en day traders, ils gagneraient, malgré tout, à être plus mobiles en intervenant plus souvent sur le marché, sous forme d'allègements de précaution en période de surchauffe ou de renforcement de positions en cas de baisse exagérée. Or la mobilité n'est pas la qualité première des actionnaires français. D'après une étude récente réalisée par TLB sur les investisseurs-décideurs-actifs (I.D.A.), il y aurait près de 2 millions de particuliers dits actifs sur une population totale de 6,7 millions de détenteurs de portefeuilles boursiers. Selon la définition de TLB, un actionnaire décideur actif est un particulier qui décide, seul ou de façon partagée dans le couple, des placements financiers du foyer et qui a effectué au moins une intervention en Bourse au cours des douze derniers mois.
 
On peut donc déduire de cette enquête que plus de deux actionnaires sur trois ne font aucune intervention en un an, ce qui est affligeant. Qui plus est, il nous paraît un peu osé de qualifier d'actif un particulier qui se contente d'une opération boursière par an ! Et l'on serait curieux de connaître le nombre, nécessairement beaucoup plus faible, des personnes qui interviennent en Bourse au moins une ou deux fois par mois, une moyenne selon nous plus conforme à l'idée que l'on se fait d'un actionnaire actif. Il est, en tous cas, dommage que trop de particuliers subissent les inévitables à-coups, parfois meurtriers, de la Bourse en se refusant à procéder à des ajustements même ponctuels. Le plus souvent pour de mauvaises raisons fiscales : chercher à payer le moins d'impôt possible équivaut à geler ses placements boursiers, quitte à en sacrifier la rentabilité.
 
juin-juillet 2007
 

 

 
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